Alors que de fortes pluies continuent de s’abattre sur Oran et ses environs, les marchés enregistrent une hausse sensible des prix des légumes et des fruits.
Une situation qui inquiète les consommateurs et met en lumière les fragilités de la chaîne d’approvisionnement.
À Oran, les intempéries ne se limitent pas à perturber la circulation ou le quotidien des citoyens.
Elles ont également un impact direct sur le pouvoir d’achat des ménages.
Depuis plusieurs jours, marqués par des pluies abondantes et persistantes, les prix des légumes et, dans une moindre mesure, des produits halieutiques, connaissent une hausse notable sur les marchés de la ville.
Dans les étals, la flambée est particulièrement visible sur certains légumes de saison.
Haricots verts, petits pois, aubergines, mais aussi plusieurs fruits, affichent des prix en nette augmentation, au grand désarroi des consommateurs.
Cette situation intervient alors même que les dépenses des ménages sont déjà mises à rude épreuve depuis la fin de l’année 2025.Le paradoxe est d’autant plus frappant du côté des produits de la mer.
Malgré une abondance relative de la sardine, traditionnellement favorisée par les périodes de pluie, les prix demeurent élevés et hors de portée pour de nombreuses familles.
En théorie, les averses constituent une opportunité pour la pêche, l’eau pluviale contribuant à refroidir et à réoxygéner la surface de la mer, stimulant ainsi l’activité des poissons.
Mais dans la pratique, cette dynamique ne se répercute pas sur les étals.
Selon plusieurs professionnels du secteur, les conditions météorologiques dissuadent de nombreux pêcheurs de prendre la mer, ce qui réduit l’offre réelle sur les marchés et entretient la hausse des prix.
Une situation qui alimente l’incompréhension des consommateurs, confrontés à des tarifs qu’ils jugent injustifiés.
Du côté des légumes, les causes sont multiples.
Outre les effets directs des pluies sur certaines cultures, la baisse d’activité des camionneurs et des distributeurs joue un rôle déterminant.
Les routes rendues difficiles, voire impraticables par endroits, ralentissent l’acheminement des produits vers les points de vente, provoquant des perturbations dans l’approvisionnement du marché local.
Les spécialistes et mandataires du secteur soulignent notamment les difficultés rencontrées au marché de gros des fruits et légumes d’El Kerma.
En période de fortes pluies, ce pôle stratégique connaît des dysfonctionnements qui se répercutent en cascade sur l’ensemble du circuit de distribution.
Résultat : une raréfaction relative de certains produits et une flambée des prix dans les marchés de détail.
Seule exception notable dans ce contexte morose : la pomme de terre.
Produit de large consommation, son prix est resté relativement stable, apportant un maigre soulagement aux ménages.
Une stabilité attribuée à une disponibilité suffisante et à une meilleure organisation de son circuit de distribution.
Au marché de la Bastille, rue des Aurès, considéré comme le plus ancien et l’un des plus animés d’Oran, vendeurs et clients partagent le même étonnement.
Les détaillants parlent d’une situation « rocambolesque », à laquelle ils ne s’attendaient pas, tant la hausse des prix semble rapide et difficile à expliquer aux consommateurs.
Cette flambée post-pluies met en évidence les fragilités structurelles du système d’approvisionnement et de régulation des marchés.
Pour de nombreux observateurs, elle relance le débat sur la nécessité de mieux organiser les circuits de distribution, de renforcer les capacités logistiques et de protéger le consommateur contre les hausses conjoncturelles, souvent brutales En attendant, à Oran, les ménages continuent de scruter les étals avec appréhension, espérant une accalmie météorologique… et une baisse tout aussi rapide des prix.
Abed MEGHIT
