Économie algérienne : Les institutions financières internationales confirment la solidité de la reprise et la résilience du modèle national

dknews
5 Min Read

L’économie algérienne continue de démontrer sa capacité de résistance et d’adaptation dans un contexte mondial marqué par de fortes turbulences géopolitiques et économiques.

Plusieurs institutions financières internationales de premier plan, à l’image de la Banque mondiale (BM), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), ont unanimement confirmé la robustesse de la reprise économique nationale en 2025, saluant une trajectoire de croissance soutenue, une inflation maîtrisée et des équilibres macroéconomiques globalement préservés.

Selon les dernières évaluations, l’Algérie a enregistré une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4,1 % au premier semestre 2025, avant de s’établir à 3,8 % sur l’ensemble de l’année.

Une performance notable, d’autant plus significative qu’elle intervient dans un environnement international instable, marqué par les tensions au Moyen-Orient, les fragilités persistantes au Sahel et les incertitudes liées aux dérèglements climatiques et à la conjoncture énergétique mondiale.

Les institutions internationales soulignent que cette dynamique repose essentiellement sur la vitalité des secteurs hors hydrocarbures, dont la croissance a atteint 5,4 %.

Industries manufacturières, services, agriculture, bâtiment et travaux publics contribuent désormais de manière plus significative à la création de valeur, illustrant les effets progressifs de la politique de diversification économique engagée par les pouvoirs publics.

À l’inverse, les secteurs pétrolier et gazier affichent une stagnation relative, conséquence directe de la baisse des exportations énergétiques.

L’inflation constitue un autre indicateur clé de cette stabilité macroéconomique.

Tombée à 1,7 % sur les neuf premiers mois de l’année, elle reflète la combinaison d’une relative stabilité du dinar, d’une meilleure régulation des marchés et d’une baisse des prix de certains produits alimentaires.

Cette maîtrise de l’inflation a permis de préserver le pouvoir d’achat des ménages, un enjeu social majeur dans un contexte de réformes économiques.

Sur le plan extérieur, les comptes demeurent soutenus par les recettes d’hydrocarbures, malgré une hausse des importations liée à la relance de l’investissement productif et aux grands projets structurants.

Les réserves de change restent à des niveaux jugés confortables par le FMI, offrant à l’Algérie une marge de manœuvre appréciable face aux chocs externes.

Les projections de la Banque mondiale pour les années à venir confirment cette tendance, avec une croissance du PIB estimée à 3,5 % en 2026 et à 3,3 % en 2027.

Toutefois, l’institution recommande une meilleure allocation des dépenses publiques, afin d’en renforcer l’efficacité et de soutenir durablement la croissance.

Le rapport automnal 2025 de la BM insiste également sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, notamment en matière de gouvernance budgétaire, de modernisation de l’administration et d’intégration progressive de la transition bas carbone.

Le FMI, dans ses dernières consultations publiées en octobre 2025, converge vers ce diagnostic.

Il salue la baisse de l’inflation, la solidité des fondamentaux macroéconomiques et la résilience du système financier, tout en appelant à accélérer la diversification économique afin de réduire la vulnérabilité aux fluctuations des prix des hydrocarbures et aux risques géopolitiques.

Dans cette perspective, la transformation industrielle apparaît comme un levier stratégique central.

Pour le professeur Abdelkader Berriche, « l’industrialisation est la colonne vertébrale d’une économie souveraine et résiliente ».

Elle permet de transformer les ressources naturelles en produits à valeur ajoutée, de créer des emplois qualifiés et de renforcer les savoir-faire nationaux.

L’essor industriel contribue également à réduire structurellement la facture des importations et à consolider le marché intérieur.

Si les signaux sont globalement positifs, les institutions internationales rappellent néanmoins que la dépendance persistante aux hydrocarbures demeure un facteur de fragilité.

Les chocs liés aux prix, aux sanctions géopolitiques ou aux instabilités régionales pourraient peser sur la trajectoire économique à moyen terme.

D’où l’importance, soulignent-elles, de poursuivre une croissance inclusive, fondée sur la transparence, l’efficacité de l’investissement public et la promotion de l’initiative privée.

A.M

Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *