Le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) a dévoilé, dimanche à Alger, les grandes lignes de sa stratégie nationale de promotion de la langue amazighe, à l’occasion d’une conférence scientifique et médiatique consacrée à tamazight.
Un rendez-vous qui s’inscrit dans une dynamique institutionnelle visant à consolider les acquis et à renforcer l’intégration de cette langue dans l’ensemble des sphères de la vie publique.
Dans son allocution, le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, a rappelé avec force que la langue amazighe constitue un pilier fondamental de l’identité nationale algérienne.
Il a souligné que les efforts déployés par l’État pour sa promotion s’inscrivent dans une politique nationale continue, fondée sur une reconnaissance constitutionnelle claire.
La Constitution de novembre 2020, a-t-il rappelé, a marqué une étape décisive en consacrant juridiquement tamazight et en opérant un passage progressif d’une logique d’intégration à une logique de stabilisation et de généralisation.
Selon le responsable, cette rencontre se veut un espace privilégié de dialogue, de communication et de partage des savoirs, permettant de retracer le parcours de la langue amazighe depuis la création du HCA en 1995.
Un parcours marqué par une présence institutionnelle croissante, mais aussi par un ancrage de plus en plus affirmé dans les champs académique, scientifique et médiatique.
Le secrétaire général du HCA a insisté sur le fait que la préservation de tamazight aux côtés de la langue arabe constitue un socle complémentaire de l’identité algérienne.
« Ces deux langues enrichissent le patrimoine national et renforcent le sentiment d’appartenance collective », a-t-il déclaré, soulignant que leur promotion conjointe représente un symbole vivant de cohésion, de résilience et d’unité face aux défis contemporains.
Le secteur de la communication, a-t-il précisé, occupe une place stratégique dans cette démarche.
La création d’une chaîne de télévision dédiée à l’amazighité, l’élargissement de la diffusion radiophonique régionale, ainsi que la formation de journalistes et de traducteurs spécialisés figurent parmi les avancées majeures réalisées ces dernières années.
Autant d’initiatives qui ont contribué à renforcer la visibilité et la normalisation de tamazight dans l’espace public.
Les communications présentées lors de cette conférence visent à dresser un état des lieux des acquis constitutionnels, institutionnels, académiques et professionnels, tout en mettant en lumière des expériences concrètes de coopération dans les domaines des médias, de la formation et de la production de contenus.
L’objectif, selon Si El Hachemi Assad, est d’évaluer ces réalisations, d’en mesurer l’impact et d’ouvrir un débat constructif sur les moyens de les consolider et de les élargir.
Dans cette perspective, le HCA a adopté une vision stratégique participative, plaçant le savoir, la planification et la coordination au cœur de son action.
La communication annoncée par le secrétaire général portera notamment sur l’évolution de tamazight dans le système national et sur les politiques publiques mises en œuvre pour sa promotion, en s’appuyant sur l’analyse du cadre juridique et institutionnel ainsi que sur l’évaluation des programmes réalisés.
Enfin, le responsable a souligné que cette démarche vise une intégration effective et durable de la langue amazighe dans tous les secteurs de la vie publique, tout en prenant en compte les défis liés à la qualité des contenus médiatiques et à la demande sociale croissante, notamment dans les régions éloignées et frontalières.
Il a conclu son intervention par une formule hautement symbolique : « Il n’existe pas de chemin vers la patrie, la patrie est le chemin. L’Algérie est le chemin.»
A.M
L’Amazighité et identité nationale : Entre défis numériques et stratégie 2038
La promotion de la langue amazighe et la préservation de l’identité nationale ont été au cœur d’un séminaire scientifique organisé à Alger, marqué par des interventions de haut niveau mettant en lumière les enjeux institutionnels, culturels et numériques auxquels fait face l’Algérie.
Lors de cette rencontre, le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, a lancé une alerte en affirmant que « 700 YouTubeurs ciblent l’identité algérienne », soulignant l’ampleur des défis posés par les nouvelles plateformes numériques et les influences extérieures sur les référents culturels et linguistiques du pays.
Dans son exposé, Assad a rappelé que la langue amazighe constitue un pilier fondamental de l’identité nationale et un vecteur essentiel de cohésion sociale.
Il a mis en avant les avancées institutionnelles réalisées, notamment la création d’une chaîne de télévision amazighe, l’élargissement de la diffusion radiophonique régionale, ainsi que le développement de l’enseignement de tamazight dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.
Tout en reconnaissant les défis persistants, tels que le manque de ressources spécialisées et les disparités régionales, le secrétaire général du HCA a annoncé l’élaboration d’une stratégie nationale de promotion de la langue amazighe à l’horizon 2038.
Cette stratégie reposera sur des mécanismes de suivi, d’évaluation et une implication accrue de la société civile.
De son côté, le professeur Farid Benramdhane, président de la Société algérienne savante d’onomastique (SASO), a souligné le rôle central de l’onomastique dans la construction et la préservation de l’identité nationale.
Selon lui, les noms propres constituent des marqueurs essentiels de la mémoire collective et de la résilience culturelle.
Il a mis en garde contre les effets des mythes coloniaux et des tentatives de stigmatisation onomastique visant à affaiblir les identités, insistant sur la nécessité de préserver les noms traditionnels et de valoriser tamazight comme outil de cohésion sociale.
À travers ce séminaire, les intervenants ont convergé vers un constat clair : la promotion de l’amazighité est un choix stratégique pour renforcer l’unité nationale, protéger l’identité culturelle et faire face aux nouveaux défis imposés par l’ère numérique.
A.M
