La neuvième édition du Congrès national de pharmacie s’est ouverte à Alger dans un contexte marqué par de profondes mutations scientifiques, technologiques et organisationnelles
du secteur de la santé.
Organisé du 18 au 20 décembre 2025 par la Fédération Algérienne de Pharmacie (FAP), cet événement d’envergure nationale et scientifique coïncide avec le dixième anniversaire de la Fédération, consacrant une décennie d’engagement au service de la structuration, de la modernisation et de la valorisation de la profession pharmaceutique en Algérie.
Véritable plateforme de réflexion stratégique et de partage de connaissances, ce congrès s’impose comme un rendez-vous incontournable réunissant pharmaciens, chercheurs, cliniciens, universitaires, industriels et décideurs publics autour des grands enjeux de la pharmacie contemporaine.
À travers un programme dense et multidisciplinaire, la FAP ambitionne de dresser un état des lieux exhaustif des évolutions de la pratique pharmaceutique, tout en anticipant les défis réglementaires, scientifiques, industriels et médico-économiques auxquels est confronté le système de santé national.
Une première journée placée sous le signe de la réglementation et de l’innovation thérapeutique
La première journée du congrès a été consacrée aux questions réglementaires et aux avancées thérapeutiques, socle fondamental de la sécurité sanitaire et de la qualité des soins.
Les débats ont notamment porté sur l’accréditation en biologie médicale, enjeu majeur pour la fiabilité des diagnostics, ainsi que sur les progrès en sciences analytiques et leur intégration dans des domaines en pleine expansion tels que la cosmétique scientifique, les thérapies ciblées et les médicaments à forte valeur ajoutée.
Un accent particulier a été mis sur le diagnostic des maladies rares, domaine en pleine mutation grâce aux avancées technologiques.
À ce titre, la conférence intitulée « Séquençage haut débit (NGS) : de la révolution technologique à l’impact clinique », animée par le Pr.
Brahim Belaid, du service d’Immunologie du CHU Béni Messous, a mis en lumière le rôle déterminant du NGS dans l’amélioration de la précision diagnostique et l’orientation thérapeutique personnalisée.
Dans la même dynamique, la Dr. Yasmine Mellal, immunologiste et présidente de la section Biologie médicale de la FAP, a présenté une intervention remarquée sur « l’auto-immunité 2.0 », illustrant comment les nouvelles technologies transforment le diagnostic des maladies auto-immunes rares.
Les sessions, modérées par le Pr. Kamal Kezzal, le Pr. Sihem Benaissa et le Dr. Ali Bendjama, ont favorisé des échanges scientifiques approfondis sur l’apport de la génétique et de la biologie moléculaire dans la prise en charge des pathologies complexes, renforçant ainsi le lien entre recherche, laboratoire et pratique clinique.
Qualité, sécurité et transformation numérique au cœur de la deuxième journée
La deuxième journée du congrès a été dédiée à la qualité, à la sécurité et à la transformation numérique des pratiques pharmaceutiques.
Les discussions ont porté sur la fabrication des biosimilaires, l’évaluation des dispositifs médicaux et la gestion des produits à haut risque, dans un contexte où la maîtrise des risques constitue un impératif de santé publique.
Les participants ont largement débattu de la pharmacie hospitalière, de la traçabilité des produits et des données, ainsi que des enjeux liés à la confidentialité et à la cybersécurité dans un environnement de plus en plus digitalisé.
L’intégration des outils numériques apparaît désormais comme un levier stratégique pour améliorer l’efficacité des services pharmaceutiques, renforcer la pharmacovigilance et optimiser la sécurité des patients.
La médecine de précision et la réglementation des médicaments innovants ont également occupé une place centrale, offrant aux professionnels des perspectives concrètes pour anticiper l’évolution des besoins thérapeutiques et accompagner la transition vers des soins personnalisés et fondés sur l’évidence scientifique.
Troisième journée : le forum médico-économique comme point d’orgue scientifique
La troisième et dernière journée du congrès sera entièrement consacrée au FAP-ASPEc Value et HEOR Forum, considéré comme le point culminant scientifique de cette édition.
Les travaux porteront sur l’évaluation médico-économique des technologies de santé, l’accès équitable aux traitements innovants et la soutenabilité financière des systèmes de santé.
Chercheurs et experts présenteront des communications scientifiques de haut niveau, partageant les meilleures pratiques internationales et les enseignements issus des grands rendez-vous mondiaux, notamment les résultats post-ISPOR 2025.
Les échanges aborderont également les défis liés à la prise en charge des maladies rares et chroniques, dans une approche intégrée combinant efficacité clinique, impact économique et équité d’accès aux soins.
La cérémonie de clôture viendra consacrer l’excellence scientifique à travers la remise d’attestations et la distinction des meilleures contributions, valorisant ainsi la recherche et l’innovation pharmaceutique nationales.
Une vision stratégique pour la pharmacie algérienne
À travers cette neuvième édition, la Fédération Algérienne de Pharmacie réaffirme sa volonté de fédérer l’ensemble des acteurs autour d’une démarche scientifique rigoureuse, innovante et prospective.
Le congrès s’impose comme un espace stratégique d’échanges, de formation continue et de construction collective, favorisant l’adoption de pratiques pharmaceutiques modernes, sécurisées et adaptées aux besoins de la population.
En réunissant expertise nationale et ouverture internationale, le Congrès national de pharmacie 2025 contribue à renforcer la place de la pharmacie algérienne comme pilier essentiel du système de santé.
Il illustre une ambition claire : faire de l’innovation scientifique et technologique un levier majeur au service de la santé publique, du développement du savoir et de la performance durable du secteur pharmaceutique en Algérie.
R.N
