Une large coalition internationale d’organisations de défense des droits humains, de partis politiques, de syndicats et d’acteurs de la société civile a lancé un appel pressant en faveur de l’achèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental, dénonçant la persistance de violations « graves et systématiques » des droits humains dans les territoires occupés.
Publié sur le site de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), cet appel s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale menée par le Collectif des défenseurs sahraouis des droits humains au Sahara occidental (CODESA).
Les signataires exhortent les Nations unies à exercer une pression accrue sur le Maroc afin de mettre fin à l’occupation et de garantir le respect du droit international humanitaire.
Ils appellent notamment à l’adoption de mesures contraignantes et à la création d’un mécanisme indépendant de surveillance des droits humains, chargé de présenter des rapports réguliers au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale des Nations unies.
Rappelant le socle juridique international, les organisations soulignent que, cinquante ans après l’occupation militaire, le peuple sahraoui demeure privé de son droit inaliénable à l’autodétermination, en violation de nombreuses résolutions onusiennes et des avis rendus par la Cour internationale de Justice, la Cour de justice de l’Union européenne et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.
L’avis consultatif de 1975 de la CIJ confirme, selon elles, que le Maroc ne dispose d’aucune souveraineté sur le Sahara occidental, territoire qui figure toujours sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies. S’adressant à l’Union européenne, les signataires appellent à l’application intégrale des arrêts de la CJUE, notamment en mettant fin à toute exploitation des ressources naturelles sahraouies sans le consentement du peuple concerné. Ils réclament également la libération des prisonniers politiques sahraouis, dont ceux du groupe de Gdeim Izik, ainsi que des enquêtes indépendantes sur les attaques de drones visant des civils.
L’Union africaine est, pour sa part, appelée à jouer un rôle plus affirmé en activant ses mécanismes de protection des droits humains et en soutenant le peuple sahraoui, tant dans les camps de réfugiés que dans les territoires occupés.
R.I
