Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a lancé un avertissement sévère contre les réductions budgétaires touchant l’aide humanitaire internationale, qualifiant cette situation d’irresponsable et dénuée de vision à long terme.
S’exprimant à Genève lors d’une réunion de suivi du Forum mondial sur les réfugiés, il a dénoncé un effondrement brutal du financement humanitaire à un moment où les besoins n’ont jamais été aussi pressants.
Selon M. Grandi, le HCR a subi une baisse de financement de 35 % depuis le début de l’année, une tendance qui affecte également de nombreuses autres organisations internationales. Cette contraction de l’aide est intervenue dans un contexte géopolitique marqué par des changements de priorités chez plusieurs bailleurs traditionnels, aggravant une crise humanitaire déjà profonde.
Les conséquences, a-t-il souligné, sont dramatiques pour des millions de personnes contraintes de fuir les conflits, les persécutions et les catastrophes.
Le Haut-Commissaire a également mis en garde contre la stigmatisation croissante des réfugiés, devenus trop souvent des boucs émissaires dans les discours politiques.
Leur détresse est exploitée par des réseaux de trafiquants et instrumentalisée à des fins électorales, accentuant leur vulnérabilité. À la mi-2025, le nombre de personnes déplacées de force dans le monde a atteint 117,3 millions, soit presque le double en une décennie.
Cette réunion à Genève intervient dans un contexte de transition à la tête du HCR, avec la nomination annoncée de l’ancien président irakien Barham Saleh, sous réserve de l’approbation de l’Assemblée générale de l’ONU.
Des engagements financiers sont attendus des bailleurs afin d’éviter un effondrement du système de protection humanitaire et de préserver l’assistance vitale destinée aux populations les plus vulnérables.
R. I.
