ÉDITORIAL DK NEWS DU JOUR Prévenir pour vivre : l’urgence d’ancrer la culture du risque dans la société

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La prévention demeure l’un des angles morts les plus préoccupants de nos politiques publiques et de nos comportements collectifs.

En Algérie, comme dans de nombreux pays, son absence ou sa faiblesse continue de produire un coût humain et social exorbitant, visible à travers des drames quotidiens qui auraient pu être évités.

Accidents domestiques, insécurité routière, catastrophes naturelles ou technologiques : ces réalités, trop souvent banalisées, rappellent avec insistance que la prévention n’est ni un luxe ni un simple slogan, mais une nécessité vitale et un pilier du développement durable.

Chaque jour, des vies sont fauchées ou brisées par manque d’anticipation, de sensibilisation ou de respect des règles élémentaires de sécurité.

Derrière chaque chiffre se cachent des familles endeuillées, des compétences perdues, des trajectoires humaines brutalement interrompues.

Cette hémorragie silencieuse pose une question fondamentale : quelle valeur accordons-nous réellement à la vie humaine ? Tant que la prévention restera reléguée au second plan, les réponses resteront partielles et les tragédies continueront de se répéter.

La culture de la prévention ne peut se limiter à des campagnes occasionnelles ou à des réactions dictées par l’émotion après chaque drame.

Elle suppose une vision globale et cohérente, portée par une stratégie nationale claire, inscrite dans la durée et intégrant l’ensemble des dimensions législatives, éducatives, économiques et culturelles.

Prévenir, c’est d’abord éduquer.

C’est inculquer dès le plus jeune âge la notion de risque, le respect des règles et la responsabilité individuelle et collective face aux dangers du quotidien.

Le fléau des accidents de la route illustre, avec une acuité dramatique, l’ampleur du défi.

Les routes algériennes continuent de se transformer en cimetières à ciel ouvert, emportant indistinctement citoyens anonymes et élites du pays : médecins, ingénieurs, chercheurs, étudiants, forces vives indispensables à l’avenir national.

Cette situation n’a pourtant rien d’une fatalité.

Elle est le résultat de comportements à risque, d’insuffisances dans la formation, le contrôle et l’application de la loi, mais aussi d’un déficit profond de culture préventive.

L’examen du projet de loi sur le Code de la route, enrichi par les contributions d’experts et de professionnels, ouvre une fenêtre d’opportunité importante.

Mais le texte, aussi pertinent soit-il, ne saurait produire ses effets sans l’adhésion réelle de la société.

La prévention ne se décrète pas uniquement par la contrainte ou la sanction.

Elle s’impose par la compréhension des enjeux, par une pédagogie continue et par l’exemplarité des institutions.

Il est temps de dépasser la simple moralisation des comportements pour instaurer une véritable intelligence collective du risque.

Sécurité au foyer, sur la route, au travail ou dans les loisirs : chaque espace de vie doit devenir un terrain de prévention active.

Investir dans cette culture, c’est préserver des vies, protéger le capital humain et éviter des pertes irréparables.

La prévention n’est pas un coût, elle est un investissement stratégique pour l’avenir de la nation.

REDACTION

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