AIFF 2025 : « Salam », la plongée cinématographique dans la résistance sahraouie à travers l’image

dknews
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Le Festival international du film d’Alger (AIFF) a offert, mardi soir, un moment d’émotion intense avec la projection du documentaire « Salam », signé par la réalisatrice argentine Agustina Willat Garcia.

Présenté en compétition à la salle Ibn-Zeydoun, ce long métrage de 71 minutes déploie un récit puissant consacré à la résistance culturelle du peuple sahraoui, révélée par l’objectif de jeunes cinéastes formés dans les camps de réfugiés.
Dans cette œuvre sortie en 2024, la caméra devient un témoin, un outil de combat et de transmission.
« Salam » raconte la rencontre entre une équipe de réalisateurs uruguayens et de jeunes Sahraouis désireux d’apprendre les techniques audiovisuelles afin de documenter leur réalité, leur exil et leur lutte.
Le film retrace leur parcours, de leur formation à la prise en main de leurs premiers projets, dans une atmosphère marquée par l’urgence d’exister et de faire entendre une cause trop souvent invisibilisée.
À travers des images d’archives et des témoignages poignants, le documentaire expose avec sobriété et force les exactions commises par les autorités d’occupation marocaines, notamment la répression de manifestations pacifiques dans les territoires sahraouis.

La réalisatrice y dénonce un système arbitraire, tout en mettant en lumière la volonté inébranlable d’une jeunesse qui veut bâtir son propre langage cinématographique pour défendre une justice trop longtemps différée. « Salam » met également en avant la solidarité internationale, incarnée par l’engagement de cinéastes uruguayens qui ont accompagné ces jeunes apprentis dans leur formation.
Le projet résulte d’une collaboration unique entre l’École nationale de cinéma d’Uruguay et une école installée au cœur des camps de réfugiés sahraouis, témoignant d’une alliance artistique et humanitaire au service d’une cause universelle : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Agustina Willat Garcia, diplômée de l’École nationale de cinéma d’Uruguay en 2010, poursuit ici une démarche engagée tournée vers les luttes sociales et humanitaires.
« Salam » est son premier long métrage, fruit d’un soutien institutionnel large et de plusieurs aides au développement et à la production.
La 12e édition de l’AIFF, qui s’achève mercredi, aura présenté une centaine de films issus de 28 pays, dont Cuba, invité d’honneur.
Au total, une cinquantaine d’œuvres « longs métrages, courts métrages et documentaires » ont concouru officiellement, tandis que plus de cinquante autres films ont enrichi les projections hors compétition, confirmant la place du festival comme l’un des rendez-vous majeurs du cinéma engagé dans le monde arabe et en Afrique.
R. C.

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