Minéraux stratégiques : l’Algérie passe à l’offensive pour devenir un pilier mondial de la transition énergétique

dknews
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L’Algérie affiche désormais une ambition claire, assumée et structurée : s’imposer comme un acteur clé dans la sécurisation mondiale des minéraux stratégiques indispensables à la transition énergétique.

Cette volonté s’est exprimée avec force à Londres, lors du prestigieux événement international Resourcing Tomorrow, où la secrétaire d’État auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, Karima Bakir Tafer, a présenté la nouvelle vision algérienne dans un secteur devenu l’un des plus sensibles de l’économie mondiale.

Face à plus de 2.000 professionnels issus des industries minière, énergétique et technologique, l’Algérie a cherché à exposer, argumenter et mettre en valeur son potentiel, ses réformes et son rôle futur dans un marché global marqué par la rareté des ressources et par des enjeux géopolitiques de plus en plus aigus.

La participation algérienne à ce rendez-vous d’envergure ne relève pas d’une simple présence protocolaire.

Elle s’inscrit dans une stratégie offensive de diplomatie économique, visant à projeter le pays au cœur des chaînes d’approvisionnement internationales en ressources critiques.

La délégation algérienne, particulièrement active, a enchaîné les rencontres de haut niveau avec des ministres, des responsables gouvernementaux et des dirigeants de grandes sociétés minières et technologiques.

Cette dynamique confirme la volonté politique de placer l’Algérie comme un partenaire incontournable dans le nouvel échiquier des matières premières stratégiques, nécessaires à la fabrication des batteries, des panneaux solaires, des composants électroniques, des aimants permanents ou encore des technologies vertes de nouvelle génération.

Lors des tables rondes auxquelles elle a pris part, Karima Bakir Tafer a mis en avant les fondements de la feuille de route nationale pour la transformation du secteur minier.

Cette stratégie repose sur trois axes structurants : la relance de l’exploitation des minéraux rares, la valorisation locale par la mise en place d’unités de transformation et la consolidation du socle scientifique à travers le renforcement de la recherche géologique et des capacités d’exploration.

L’objectif global est de créer une chaîne de valeur complète, dépassant le simple rôle de fournisseur de matières premières brutes pour évoluer vers un acteur intégré capable d’offrir des produits à haute valeur ajoutée, inscrits dans les industries de l’énergie propre.

La secrétaire d’État a rappelé que l’Algérie dispose d’un ensemble d’atouts stratégiques rarement réunis dans un même pays.

À commencer par des ressources minérales diversifiées et encore largement sous-explorées, ouvrant un champ immense d’opportunités pour les investisseurs internationaux.

À cette richesse naturelle s’ajoute un chantier de réformes structurelles en cours, parmi lesquelles figure la nouvelle loi minière.

Présentée comme un outil indispensable de modernisation, cette réforme vise à offrir un cadre juridique plus clair, plus attractif et mieux adapté aux standards internationaux, tout en garantissant une exploitation responsable et durable des ressources.

Selon Karima Bakir Tafer, l’Algérie entend se positionner comme un fournisseur fiable dans un contexte de tension mondiale sur les chaînes d’approvisionnement.

Les minéraux rares, tels que le lithium, le cuivre, les terres rares, le manganèse ou le cobalt, jouent un rôle déterminant dans la transition vers une économie bas carbone.

Leur disponibilité est devenue une question stratégique pour les États et les industries.

Dans ce contexte, la stabilité politique de l’Algérie, sa localisation privilégiée aux portes de l’Europe, ses capacités logistiques en développement et son potentiel géologique encore peu exploité constituent des avantages majeurs qui renforcent son attractivité.

La secrétaire d’État a également insisté sur la nécessité d’établir des partenariats équilibrés et mutuellement bénéfiques.

L’Algérie se dit ouverte à la coopération internationale, mais cette ouverture s’accompagne d’exigences claires : les projets doivent s’inscrire dans une logique de transfert de technologies, de création de chaînes de transformation sur le territoire national et de montée en compétence de la main-d’œuvre locale.

L’objectif n’est pas de reproduire les modèles extractifs du passé, où les ressources quittaient le pays sans créer de valeur durable, mais de construire un tissu industriel robuste capable de contribuer de manière significative au développement économique.

Les discussions à Londres ont également porté sur l’évolution des chaînes d’approvisionnement mondiales et sur la place centrale qu’occupent désormais les ressources minérales dans les stratégies énergétiques des États.

Dans un contexte où les tensions géopolitiques perturbent l’accès à certains minerais critiques, l’Algérie entend jouer le rôle de partenaire stable, sérieux et engagé dans la construction d’une économie verte mondiale.

Elle ambitionne de devenir non seulement un fournisseur sûr, mais aussi une plateforme de transformation et un hub industriel dédié aux technologies propres.

L’événement Resourcing Tomorrow constitue pour l’Algérie bien plus qu’une vitrine : il représente l’un des leviers de sa diplomatie économique dans sa quête de diversification.

En multipliant les initiatives à l’international et en affichant une vision cohérente pour son secteur minier, le pays cherche à s’inscrire durablement dans les grandes transitions énergétiques et industrielles qui redessinent l’économie mondiale.

À travers cette stratégie, l’Algérie aspire à dépasser le statut traditionnel d’État producteur d’hydrocarbures pour devenir un acteur incontournable des ressources qui façonneront les technologies du futur.

R.E

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