Des hauts responsables africains ont appelé, dimanche à Alger, au renforcement de la coopération continentale afin de bâtir un système numérique résilient, inclusif et respectueux de l’environnement, insistant sur l’importance d’une transition numérique durable pour réduire les vulnérabilités climatiques du continent.
Ces dirigeants intervenaient à l’occasion de la « Journée des télécommunications africaines », organisée en marge de la 4e Conférence africaine des startups abritée du 6 au 8 décembre en cours au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal à Alger.
Dans ce contexte, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a affirmé que « l’Afrique ne peut relever le défi numérique isolément.
La course technologique mondiale s’accélère et la transformation à distance remodèle l’économie.
La coopération africaine, notamment par le biais de partenariats stratégiques, n’est pas une option, mais une nécessité ».
L’objectif de cette coopération africaine est de « construire un système de communication résilient, inclusif et durable, au service du développement et respectueux de l’environnement », soutient-il.
Dans ce sens, M. Zerrouki a souligné la nécessité « d’aligner la transformation numérique du continent sur la transition écologique » en vue de bâtir des infrastructures de télécommunications économes en énergie, avec une plus grande résilience grâce aux énergies renouvelables et aux solutions technologiques innovantes, afin de réduire l’empreinte environnementale de la croissance numérique.
Il a également appelé à une « coordination continentale pour la protection des intérêts numériques africains et à des politiques qui placent le citoyen africain au coeur de la stratégie numérique et climatique ».
Abordant la stratégie adoptée par l’Algérie dans le domaine, M. Zerrouki a indiqué que le pays, sous la direction du président de la République, M.
Abdelmadjid Tebboune, a clairement fait le choix stratégique d’investir dans le capital humain pour maîtriser la technologie et faire de la transformation numérique un levier de développement national durable.
« Cette approche a produit des résultats concrets : plus de 275.000 kilomètres de fibre optique déployés, une capacité internationale dépassant les 10 téraoctets par seconde, plus de 6,8 millions de foyers connectés au haut débit et le déploiement récent du réseau 5G », a-t-il rappelé, précisant que ces statistiques constituent « un signal de souveraineté numérique et de vision à long terme ».
De son côté, le secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications (UAT), John Omo, a mis l’accent, lors de son intervention, sur le développement des infrastructures numériques en adoptant des solutions plus écologiques afin de garantir que l’intégration des citoyens africains au réseau Internet n’ait aucun impact négatif sur l’environnement.
« Il est établi que le secteur des TIC contribue à hauteur de 1,5 à 4 % aux émissions mondiales.
Par conséquent, nous avons le devoir, en tant que secteur des TIC, d’assurer un accès élargi à l’énergie.
Nous avons l’opportunité de verdir notre transformation numérique grâce à une infrastructure informatique efficace, fondée sur les principes de l’économie circulaire », a-t-il encore relevé.
Le secrétaire général de l’UAT a rappelé, dans ce sens, que l’Afrique ne contribue qu’à 2 % des émissions mondiales, mais qu’elle reste la région la plus vulnérable aux impacts climatiques, précisant que « cette réalité doit inciter les pays africains à utiliser tous les outils disponibles pour renforcer la résilience et protéger les communautés ».
M. Omo a fait observer aussi que seulement 38 % de la population africaine utilise Internet, contre une moyenne mondiale de 68 %, estimant que « ce fossé compromet la capacité du continent en matière de diffusion des informations et de protection des communautés vulnérables ».
Pour sa part, la commissaire de l’Union africaine aux Infrastructures et à l’Energie, Lerato Dorothy Mataboge, a plaidé pour la construction d’un écosystème numérique africain durable et inclusif, capable de renforcer la résilience et de stimuler l’industrialisation du continent.
« Nous devons nous engager sur la voie de la transformation numérique, qui réponde à nos défis communs et donne la priorité, plus que jamais, au développement de notre continent.
Nous devons renforcer la coopération, harmoniser nos politiques et créer des synergies entre les initiatives nationales et régionales modernes.
C’est la seule façon de transformer numériquement l’Afrique », a-t-elle souligné.
Tout en mettant en avant les enjeux à l’échelle mondiale, la responsable africaine a mis en garde contre les politiques prônées par les pays développés qui accroissent, selon elle, « leur puissance économique et leur influence géopolitique grâce au renforcement des infrastructures numériques, au développement des capacités, à l’établissement de normes et aux alliances stratégiques ».
Cette journée consacrée aux infrastructures des télécommunications en Afrique a réuni des ministres africains des Télécommunications, des hauts responsables gouvernementaux, des membres de l’Union africaine des télécommunications (UAT), ainsi que des dirigeants des entreprises du secteur.
Les discussions, organisées en plusieurs panels, ont porté sur deux thèmes stratégiques essentiels, à savoir le rôle des technologies numériques dans la lutte contre le changement climatique et les solutions innovantes pour atténuer l’impact environnemental de la transformation numérique.
