ÉDITORIAL DK NEWS DU JOUR-L’Algérie, l’eau et l’avenir : une stratégie visionnaire face à la soif du monde

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Dans un contexte mondial marqué par la raréfaction de l’eau et l’aggravation des sécheresses, l’Algérie vient de franchir une nouvelle étape dans sa politique hydrique ambitieuse. Le lancement, samedi dernier, des travaux de réalisation d’une station de dessalement d’eau de mer sur la plage d’Aïn Adjroud, dans la commune de Marsa Ben M’hidi (wilaya de Tlemcen), s’inscrit dans une stratégie nationale lucide, visionnaire et tournée vers l’avenir. Cette infrastructure, qui vient s’ajouter aux vingt-cinq stations déjà en exploitation, est la première d’un programme de six nouvelles unités décidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier Conseil des ministres. À l’horizon 2030, pas moins de 60 % de l’eau consommée en Algérie proviendra du dessalement, selon les prévisions officielles.

Un chiffre révélateur d’une politique cohérente et anticipative, plaçant la sécurité hydrique au cœur du développement durable du pays. L’Algérie tire aujourd’hui parti d’un atout naturel majeur : une façade maritime de plus de 1 200 kilomètres, qui lui offre une porte ouverte sur la mer et donc sur une ressource inépuisable. Grâce à cette orientation stratégique, le pays se prémunit contre la sécheresse qui frappe durement la région et qui menace de plus en plus d’États dans le monde. Là où certains pays font face à la désolation, l’Algérie choisit l’action, l’innovation et la résilience. Le contraste est saisissant avec d’autres nations confrontées à des crises hydriques sans précédent. En Iran, par exemple, la situation atteint un seuil critique. Le président Massoud Pezeshkian a récemment évoqué la possibilité d’évacuer les neuf millions d’habitants de Téhéran si la pluie ne tombe pas avant la fin de l’année.

Le barrage principal alimentant la capitale iranienne ne contient plus que 8 % de sa capacité, de quoi assurer à peine deux semaines de consommation. Ce scénario dramatique illustre la gravité du défi mondial. Un rapport récent des Nations unies a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme, qualifiant les sécheresses de “tueur silencieux à évolution lente”. Leur fréquence et leur intensité ont augmenté de près de 30 % depuis l’an 2000. Du Brésil à l’Inde, du Mexique à l’Europe du Sud-Est, en passant par le Sahel, la Somalie ou la Mauritanie, les effets de la pénurie d’eau se font sentir avec violence : appauvrissement des sols, insécurité alimentaire, tensions sociales, migrations massives et, parfois, conflits armés. Le différend autour du Nil entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan en est une illustration éloquente. Face à cette réalité mondiale, l’Algérie fait figure d’exception positive. En plaçant la question de l’eau au cœur de sa stratégie nationale, le pays affirme une volonté politique forte et durable. Les stations de dessalement ne sont pas seulement des infrastructures ; elles représentent une garantie de souveraineté et un symbole d’indépendance face aux aléas du climat. Autre aspect méconnu mais tout aussi révélateur : le marché national de l’eau en bouteille repose exclusivement sur la production locale.

Pas une seule bouteille d’eau n’est importée. Une performance rare à l’échelle mondiale, alors que de nombreux pays développés, comme les États-Unis, le Japon ou l’Allemagne, importent massivement de l’eau embouteillée. Mieux encore, le leader mondial du secteur, Nestlé, possède parmi ses 70 marques une eau d’origine algérienne : « Sidi El-Kébir », issue d’une source pure de Blida, symbole discret mais éloquent du potentiel hydrique national. À l’heure où l’eau devient un enjeu *géopolitique et humanitaire, l’Algérie trace une voie de lucidité et de responsabilité. Elle investit dans la technologie, protège ses ressources, et garantit à ses citoyens un accès durable à l’eau, ce bien vital et universel. En conjuguant vision, pragmatisme et souveraineté, elle prouve qu’entre l’eau, la vie et la guerre, le choix de l’avenir appartient à ceux qui osent agir.

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