La présidente de la Commission des transports, de l’industrie, des communications, de l’énergie, des sciences et de la technologie du Parlement panafricain (PAP), Mme Bahdja El Amali, a appelé à l’arrêt immédiat de toute forme d’ingérence étrangère au Soudan et à la protection de civils ainsi qu’à l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés, sans restrictions ni sélectivité, indique, mercredi, un communiqué de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Lors d’une session de débat du PAP sur « la situation de la paix et de la sécurité et le rôle des parlements », Mme El Amali a évoqué la situation tragique que traverse le Soudan, en lançant « un appel à la conscience africaine, arabe et humaine pour une action urgente », précise la même source.
Dans son intervention, Mme El Amali a souligné que « le Soudan, autrefois berceau de la dignité, de la fierté et de la civilisation, est devenu aujourd’hui le théâtre des pires crimes et violations », déplorant « les souffrances des civils confrontés aux meurtres, aux déplacements forcés et à la privation de leurs droits face à un silence international troublant ».
Le Soudan s’est transformé en « une plaie ouverte en raison de la guerre qui y fait rage, conséquence d’ingérences étrangères et de forces ayant investi dans la désintégration de ce pays pour leurs propres intérêts, sans se soucier des victimes », a-t-elle déploré, appelant à « la nécessité d’élever la voix pour réveiller la conscience africaine, arabe et humaine, et de rendre au Soudan la liberté de sa décision et sa souveraineté, et de faire de son territoire un espace de vie pour ses enfants et non d’intérêts pour autrui ».
A cette occasion, Mme El Amali a exigé « un arrêt immédiat de toute forme d’ingérence étrangère et l’ouverture d’une enquête internationale transparente sur les flux d’armes et d’argent vers le Soudan ».
Elle a, en outre, appelé à « la protection immédiate des civils et à l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés, sans restrictions ni sélectivité », selon le communiqué.
Au moins 40 morts dans une attaque au Kordofan-Nord
Une attaque dans la ville stratégique d’El-Obeid, capitale régionale du Kordofan-Nord, au Soudan, a fait au moins 40 morts, a annoncé mercredi le bureau des affaires humanitaires de l’ONU dans un communiqué.
Les Nations unies n’ont pas précisé le jour de l’attaque ni ses responsables, mais elle s’est produite alors que les combats pour le contrôle de cette région du centre du Soudan s’intensifient entre les Forces de Soutien Rapide (FSR) et l’armée.
Plus de 1500 civils ont été tués en octobre dernier par les FSR, en conflit avec l’armée soudanaise, selon des statistiques fournies lundi par l’ONG Acled, qui répertorie les victimes de conflits à travers le monde.
Au total, depuis mi-avril 2023, l’ONG a répertorié près de 49.800 morts au Soudan, dont près de 15.300 civils.
La moitié des morts ont été comptés dans les régions du Darfour-Nord et de Khartoum (environ 14.000 et 11.200). En cours depuis avril 2023, le conflit a aussi fait des millions de déplacés et provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU.
