Le cas du défenseur sahraoui des droits humains, El Hussein Amaadour, retient une nouvelle fois l’attention de la communauté internationale. Dans une communication officielle adressée au Maroc, plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations unies ont exprimé leur « profonde préoccupation » face aux conditions de détention jugées sévères et contraires aux normes internationales auxquelles est soumis ce militant. Les experts onusiens Mary Lawlor, Irene Khan, Tlaleng Mofokeng et Margaret Satterthwaite dénoncent non seulement le placement du détenu dans une prison éloignée de sa famille, mais également le refus répété de ses demandes de transfert vers un établissement plus proche de son domicile. Ils s’inquiètent également des mauvais traitements infligés à sa sœur, Soukaina Amaadour, lors d’une visite où elle aurait subi une fouille corporelle humiliante, accompagnée d’insultes racistes et de menaces.
Selon ces experts, ces pratiques violent plusieurs dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Maroc est partie depuis 1979, ainsi que les « règles Nelson Mandela » relatives au traitement des détenus. Ils rappellent que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire avait déjà, en novembre 2024, qualifié la détention d’El Hussein Amaadour d’« arbitraire » et exigé sa libération immédiate ainsi que son indemnisation. Ancien leader étudiant à l’Université d’Agadir et défenseur infatigable du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, Amaadour est devenu une figure emblématique de la lutte pacifique pour les droits humains au Sahara occidental. La multiplication des appels internationaux souligne l’urgence de sa situation et met en lumière ce qui est perçu comme une politique de criminalisation des militants sahraouis. Plus largement, elle relance le débat sur les violations persistantes des droits fondamentaux dans les territoires occupés et interpelle directement la responsabilité du Maroc face à ses engagements internationaux.
ABED MEGHIT
