ÉDITORIAL DKNEWS DU JOUR : L’Algérie érige sa forteresse céréalière et consolide sa souveraineté alimentaire face aux turbulences mondiales

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L’Algérie avance désormais avec assurance sur le terrain stratégique de la souveraineté alimentaire. La campagne moisson-battage 2026 marque un tournant décisif dans la politique agricole nationale, portée par une mobilisation logistique sans précédent, une vision économique ambitieuse et une volonté politique affirmée de réduire durablement la dépendance aux marchés extérieurs. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les menaces récurrentes pesant sur la sécurité alimentaire mondiale, le pays accélère sa transformation agricole pour bâtir un modèle résilient capable de protéger l’économie nationale et le pouvoir d’achat des citoyens. Les chiffres engagés pour cette saison traduisent l’ampleur de l’effort consenti. Pas moins de 1.200 camions ont été mobilisés pour assurer le transport du blé à travers les différentes régions du pays, tandis que 307 centres de proximité ont été mis à disposition pour le stockage des céréales. Cette organisation logistique, soutenue par des ressources humaines qualifiées et un encadrement technique renforcé, témoigne d’une nouvelle approche de gestion du secteur agricole fondée sur l’efficacité, l’anticipation et la maîtrise des circuits de collecte. La modernisation du dispositif national de récolte constitue également un levier essentiel de cette dynamique. Plus de 1.100 moissonneuses-batteuses ont été déployées à travers le territoire national afin de garantir une récolte rapide et optimale. À cela s’ajoute la formation de plus de 900 conducteurs spécialisés, menée en coordination avec le secteur de la Formation et de l’Enseignement professionnels. Cette stratégie traduit une volonté claire d’intégrer les compétences humaines au cœur du développement agricole afin d’assurer la pérennité des performances réalisées.

L’investissement massif dans les régions du Grand Sud apparaît aujourd’hui comme l’un des choix les plus structurants de cette politique nationale. Longtemps perçues comme des espaces difficiles à exploiter, ces vastes étendues deviennent progressivement de véritables pôles agricoles stratégiques grâce à l’exploitation rationnelle des ressources hydriques souterraines et à l’introduction de technologies agricoles modernes. Les résultats obtenus dans la production céréalière confirment le potentiel considérable de ces régions appelées à jouer un rôle majeur dans la sécurité alimentaire du pays durant les prochaines décennies. Cette progression spectaculaire de l’agriculture algérienne n’a pas échappé aux observateurs internationaux. Le dernier rapport «Resilient Food Systems Index» publié en mars 2026 par le think tank britannique Economist Impact, en partenariat avec le groupe Cargill, place désormais l’Algérie au premier rang africain en matière de résilience alimentaire et au 32e rang mondial parmi 60 pays évalués. Ce classement constitue une reconnaissance internationale des efforts engagés par l’État pour renforcer la solidité de son système alimentaire face aux crises mondiales. L’étude ne se limite pas à la seule performance agricole. Elle évalue la capacité des États à garantir un accès stable, abordable et sécurisé à l’alimentation à travers 71 indicateurs précis. L’Algérie s’est distinguée par sa capacité à préserver la disponibilité des produits de base, à contenir les effets des fluctuations internationales sur le pouvoir d’achat et à maintenir des mécanismes d’approvisionnement efficaces malgré les perturbations mondiales. Le rapport souligne également les progrès accomplis dans les domaines de la sécurité nutritionnelle, de l’adaptation aux changements climatiques et de la gestion des risques environnementaux. Ces performances illustrent la transition progressive du pays vers un modèle agricole intégré, capable de répondre aux besoins nationaux tout en renforçant les capacités de résistance face aux crises futures.

L’importance économique du secteur agricole confirme cette mutation profonde. En 2024-2025, l’agriculture est devenue le deuxième contributeur au produit intérieur brut national avec une production estimée à plus de 35 milliards de dollars. Cette évolution reflète non seulement l’expansion des capacités productives, mais également la place stratégique qu’occupe désormais l’agriculture dans les politiques publiques de développement. Dans un monde où les denrées alimentaires deviennent parfois des instruments de pression géopolitique, l’Algérie semble avoir pris la mesure des enjeux futurs. Les tensions autour des corridors commerciaux, les conflits internationaux et les crises climatiques rappellent chaque jour la nécessité pour les nations de sécuriser leurs capacités de production. À travers sa nouvelle stratégie céréalière, l’Algérie affirme sa volonté de bâtir une véritable citadelle alimentaire capable de préserver sa stabilité économique et sociale face aux incertitudes du monde contemporain.

Abed MEGHIT 

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