L’Algérie poursuit le renforcement de son influence spirituelle et intellectuelle sur le continent africain à travers une diplomatie religieuse fondée sur le dialogue, le juste milieu et la consolidation de la cohésion sociale. La rencontre tenue entre le président du Haut Conseil islamique, Mabrouk Zaid El Kheir, et une délégation de la Ligue des oulémas, prêcheurs et imams du Sahel constitue une nouvelle étape dans cette dynamique visant à promouvoir une coopération africaine fondée sur les valeurs de modération et de stabilité.
Cette réunion intervient dans le prolongement de la participation de la délégation sahélienne au troisième Colloque international sur la cohésion sociale organisé à l’Université de Tissemsilt. Conduite par le président de la Ligue, Abakar Walar, accompagné du secrétaire général Lakhmissi Bezzaz, la délégation a échangé avec les responsables du HCI autour des mécanismes de coopération scientifique, religieuse et sociale entre les deux institutions.
Les discussions ont permis de mettre en lumière les avancées réalisées dans le cadre des relations établies entre le Haut Conseil islamique et la Ligue des oulémas du Sahel. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer la coordination autour des questions liées à la sécurité intellectuelle, à la lutte contre les discours extrémistes et à la préservation de la stabilité sociale dans les sociétés africaines confrontées à des défis multiples. À travers cette démarche, l’Algérie confirme son engagement en faveur d’une diplomatie religieuse active reposant sur la diffusion des valeurs du juste milieu, de la tolérance et du dialogue. Le communiqué du HCI souligne que cette coopération bilatérale vise à promouvoir le référent religieux modéré comme pilier essentiel de la sécurité intellectuelle et de la protection du tissu social africain face aux courants de radicalisation et aux menaces idéologiques. La rencontre a également mis en avant la nécessité d’une action concertée entre les institutions religieuses africaines afin de faire face aux mutations rapides que connaît le continent. Les participants ont insisté sur l’importance de construire des réseaux de coopération scientifique capables de produire des réponses adaptées aux problématiques contemporaines touchant les sociétés africaines, notamment les questions liées à l’extrémisme, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble.
Le président de la Ligue des oulémas, Abakar Walar, qui occupe également les fonctions de secrétaire général du Conseil national des affaires islamiques du Tchad, a salué le rôle de référence joué par l’Algérie dans le domaine religieux et institutionnel. Il a particulièrement mis en avant l’expérience algérienne en matière de finance islamique, de mécanismes de conciliation sociale et de jurisprudence appliquée à la lutte contre les phénomènes extrémistes. Selon lui, le modèle algérien représente aujourd’hui une expérience africaine importante pouvant inspirer plusieurs pays du continent désireux de renforcer leurs dispositifs de prévention des conflits sociaux et idéologiques. Cette reconnaissance traduit le rayonnement grandissant de l’expertise algérienne dans les domaines liés à la gestion du fait religieux et à la promotion d’un islam équilibré. La coopération entre le HCI et la LOPIS revêt également une dimension géostratégique dans un contexte sahélien marqué par des défis sécuritaires, sociaux et identitaires complexes. En favorisant les échanges entre oulémas, prêcheurs et institutions religieuses, cette initiative contribue à bâtir des passerelles de dialogue susceptibles de consolider les facteurs de stabilité régionale. Le choix de privilégier l’approche scientifique et intellectuelle dans le traitement des questions religieuses illustre la volonté des deux institutions d’inscrire leur action dans une vision durable et structurée. L’objectif consiste à promouvoir un discours religieux éclairé capable de répondre aux préoccupations des sociétés africaines tout en préservant les valeurs de modération et d’ouverture. À travers cette rencontre, l’Algérie réaffirme une nouvelle fois sa place comme acteur central de la coopération religieuse africaine. En misant sur la concertation, le partage d’expertise et la défense du juste milieu, elle poursuit la consolidation d’une diplomatie spirituelle fondée sur la stabilité, la paix et la préservation de l’unité sociale du continent.
Abed MEGHIT
