La 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce, organisée à Alger, a confirmé le rôle grandissant de l’Algérie dans les dynamiques économiques continentales. Réunissant de hauts responsables africains, des représentants d’organisations internationales, des experts et des investisseurs, cette rencontre a mis en lumière la place stratégique occupée par l’Algérie dans le processus d’intégration africaine et dans la promotion d’une coopération économique renforcée entre les pays du continent. Dès l’ouverture des travaux, les interventions ont convergé vers une même idée : l’Algérie s’affirme aujourd’hui comme un acteur central du développement africain grâce à ses projets structurants, sa vision géostratégique et son engagement constant en faveur du renforcement des échanges intra-africains. Organisé en partenariat avec plusieurs institutions continentales majeures, notamment l’Union africaine, Afreximbank et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine, ce forum a également été marqué par la présence de personnalités de premier plan, dont l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou, le Secrétaire général de la ZLECAf Wamkele Mene et plusieurs responsables africains chargés du développement économique et du commerce.
Le ministre de l’Économie de la connaissance, des start-up et des micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a souligné que l’Algérie mise désormais sur une stratégie continentale fondée sur la connectivité, l’innovation et la souveraineté technologique. Selon lui, les grands projets lancés par le pays visent à renforcer les échanges entre les États africains et à créer un environnement favorable à l’émergence d’une économie africaine plus intégrée et plus compétitive. Dans cette perspective, l’Algérie accorde une importance particulière à la jeunesse africaine et aux start-up, considérées comme des leviers essentiels de transformation économique. Les autorités algériennes plaident pour un investissement massif dans les compétences et dans les technologies émergentes afin de permettre au continent de s’adapter aux mutations liées à l’intelligence artificielle et à la révolution numérique. Le ministre de la Jeunesse, chargé du Conseil supérieur de la jeunesse, Mustapha Hidaoui, a insisté sur l’importance de l’accompagnement des jeunes innovateurs africains. Selon lui, le développement des capacités entrepreneuriales constitue une condition essentielle pour générer de la valeur ajoutée et renforcer l’intégration économique continentale. L’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou, a pour sa part salué le rôle pionnier de l’Algérie dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Il a mis en avant les grands projets structurants portés par Alger, notamment la route transsaharienne, le gazoduc transsaharien et la dorsale à fibre optique, considérés comme des infrastructures stratégiques destinées à relier les régions méditerranéennes au cœur de l’Afrique et au golfe de Guinée. Selon lui, ces projets traduisent une vision ambitieuse fondée sur l’ouverture des marchés, le développement des échanges commerciaux et la consolidation des liens économiques entre les peuples africains. Cette orientation confirme la volonté de l’Algérie de jouer un rôle de trait d’union entre le Nord et le Sud du continent. Le président du Centre arabo-africain d’investissement et de développement, Amine Boutalbi, a rappelé que l’Afrique représente aujourd’hui l’un des espaces économiques les plus prometteurs au monde. Il a souligné que les opportunités d’investissement sur le continent dépassent plusieurs centaines de milliards de dollars, à condition de renforcer l’intégration économique, de lever les obstacles administratifs et de favoriser un climat de stabilité et de confiance. Les représentants des institutions africaines ont également insisté sur l’importance d’accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf afin d’augmenter le volume des échanges intra-africains, encore largement inférieur au potentiel réel du continent. Ils ont estimé que cette zone de libre-échange pourrait contribuer à sortir des millions d’Africains de la pauvreté et à créer une nouvelle dynamique de croissance régionale.
L’ambassadeur de Chine en Algérie a, quant à lui, annoncé l’entrée en vigueur d’un régime de zéro tarif douanier en faveur de plusieurs pays africains, une mesure susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives aux exportations algériennes vers le marché chinois. À travers ce Forum, Alger confirme ainsi son ambition de devenir une plateforme économique incontournable en Afrique. Grâce à ses infrastructures, sa position géographique et sa vision stratégique, l’Algérie cherche désormais à transformer son potentiel en véritable moteur d’intégration continentale et en passerelle économique entre l’Afrique, la Méditerranée et les marchés internationaux.
Abed MEGHIT
