La capitale Alger a accueilli la 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce dans un contexte marqué par une volonté croissante des pays du continent de renforcer leur intégration économique et de construire un modèle de développement fondé sur la coopération régionale. Pendant deux jours, responsables institutionnels, experts économiques, représentants d’organisations africaines et acteurs du monde des affaires ont débattu des défis et des opportunités liés à l’avenir économique de l’Afrique. Les travaux du Forum ont été dominés par un constat partagé : malgré les immenses ressources naturelles et humaines dont dispose l’Afrique, le niveau des échanges commerciaux intra-africains demeure encore insuffisant au regard des potentialités du continent. Dans ce contexte, les participants ont plaidé pour une accélération de l’activation de la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme l’un des leviers majeurs de transformation économique de l’Afrique.
Les intervenants ont souligné que la ZLECAf représente une opportunité historique pour stimuler la croissance, créer des emplois et favoriser l’émergence d’un marché africain intégré capable de renforcer la compétitivité du continent à l’échelle internationale. Toutefois, plusieurs défis demeurent à relever, notamment la levée des barrières commerciales, l’amélioration des infrastructures de transport, l’harmonisation des réglementations et le développement de mécanismes financiers adaptés aux besoins des entreprises africaines. Les débats ont également mis en évidence le rôle stratégique des start-up et des petites et moyennes entreprises dans la construction d’une économie africaine plus innovante et plus résiliente. Les participants ont insisté sur la nécessité de soutenir l’écosystème entrepreneurial africain à travers des politiques publiques favorisant l’innovation, l’accès au financement et l’accompagnement des jeunes porteurs de projets. La représentante de l’Union africaine, Ron Osman Omar, a plaidé pour une meilleure valorisation des ressources africaines afin de réduire l’exportation des matières premières à l’état brut. Selon elle, la transformation locale des ressources constitue un enjeu fondamental pour créer davantage de valeur ajoutée, réduire le chômage et accélérer le développement industriel des pays africains.
Dans la même dynamique, plusieurs intervenants ont souligné que les efforts engagés ces dernières années commencent à produire des résultats encourageants en matière de coordination économique continentale. La création de structures spécialisées dédiées aux secteurs prioritaires témoigne d’une volonté croissante d’unifier les stratégies de développement et de favoriser des approches communes face aux défis économiques. Le représentant de la Direction générale des Douanes, Mourad Ami, a estimé que les avancées enregistrées dans le cadre de la ZLECAf restent prometteuses malgré les obstacles persistants. Selon lui, ce projet continental nécessite du temps afin de mesurer pleinement ses retombées économiques et commerciales sur les États membres. Une large partie des discussions a également été consacrée à la place de la femme entrepreneure dans le développement africain. Les participants ont mis en avant le rôle déterminant des femmes dans la dynamisation des économies locales et dans la promotion de l’innovation. Toutefois, ils ont également rappelé les nombreuses contraintes auxquelles les femmes africaines continuent de faire face dans le monde des affaires, notamment en matière d’accès au financement, aux marchés et aux dispositifs d’accompagnement. Les experts présents ont appelé à la mise en place de mécanismes juridiques, économiques et financiers plus efficaces afin de renforcer l’autonomisation économique des femmes et d’encourager leur participation active à la croissance continentale. Cette orientation est apparue comme un élément central pour favoriser une croissance inclusive et durable en Afrique.
À travers cette nouvelle édition du Forum africain de l’investissement et du commerce, Alger confirme son rôle de plateforme de dialogue économique continental. Cette rencontre a permis de mettre en lumière les ambitions grandissantes des pays africains en matière d’intégration économique et de coopération régionale, tout en rappelant que l’avenir du continent dépendra largement de sa capacité à transformer ses richesses en moteurs de développement partagé.
Abed MEGHIT
