L’ONU met en garde contre une situation sanitaire alarmante dans la bande de Ghaza, où un amputé sur cinq est un enfant, sur fond de pénurie sévère de spécialistes en prothèses et de restrictions persistantes sur l’entrée du matériel médical, près de 7 mois après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu.
Lors d’un point de presse lundi, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a évoqué des préoccupations croissantes liées à la dégradation des conditions sanitaires, marquées notamment par la propagation de maladies de peau et d’autres pathologies associées à la présence de nuisibles et de rongeurs.
« Plus de 6.600 personnes ont aujourd’hui besoin de prothèses et de soins de rééducation », a-t-il indiqué, rappelant que des milliers de blessés ont subi des amputations depuis octobre 2023, alors que seuls huit techniciens sont actuellement en mesure d’intervenir sur le terrain.
Dans ce contexte, répondre à la demande pourrait prendre « cinq ans ou plus », a averti le responsable onusien, soulignant que les capacités actuelles sont largement insuffisantes face à l’ampleur des besoins.
L’ONU appelle ainsi au déploiement urgent de spécialistes internationaux et à la levée des entraves à l’acheminement des équipements nécessaires, toujours soumis à des restrictions imposées par les autorités sionistes.
L’entité sioniste impose un blocus à la bande de Ghaza depuis 2007, plongeant ses 2,4 millions d’habitants dans une situation humanitaire critique.
L’agression sioniste génocidaire depuis octobre 2023, a fait plus de 72 000 martyrs, plus de 172 000 blessés et causé des destructions massives dans l’enclave palestinienne assiégée.
Palestine: des dizaines de colons sionistes prennent d’assaut l’esplanade d’Al-Aqsa
Des dizaines de colons sionistes ont pris d’assaut, mardi, l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, dans la ville d’El-Qods occupée, sous escorte des forces de l’occupation, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa.
Les colons se sont introduits dans l’enceinte de la mosquée par groupes successifs, du côté de la porte des Maghrébins, ont mené des marches provocatrices dans ses cours et effectué des rituels talmudiques, souligne Wafa qui cite le gouvernorat d’El-Qods.
Troisième Lieu-Saint de l’Islam, la mosquée Al-Aqsa subit des actes de profanation au quotidien par les colons et les soldats sionistes.
Ces actes visent à judaïser El-Qods, imposer une nouvelle réalité et changer l’identité culturelle de la ville sainte.
Cisjordanie occupée : l’OCHA déplore une vague de déplacements sans précédant
La situation humanitaire en Cisjordanie demeure « catastrophique », a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) dans son dernier rapport selon lequel ce territoire palestinien occupé par l’entité sioniste a enregistré le plus grand nombre mensuel de déplacés depuis plus de 17 ans.
« Plus de 620 Palestiniens ont été déplacés dans toute la Cisjordanie depuis le début de l’année.
Il s’agit d’une moyenne de 160 personnes déplacées par mois », déplore l’OCHA.
« Ce chiffre est supérieur à toute moyenne mensuelle annuelle enregistrée depuis que l’OCHA a commencé à recenser les déplacements en 2009 et représente le double de la moyenne mensuelle des déplacements dans ce contexte en 2022 (77 personnes) », a détaillé le rapport.
Ces dernières données confirment une tendance déjà préoccupante.
L’année 2025 a enregistré le deuxième niveau le plus élevé, et depuis 2022, les agences humanitaires observent « une nette tendance à la hausse des déplacements ».
« Les personnes déplacées ont vu leurs maisons démolies principalement dans la zone C et à El Qods-Est, où le régime (sioniste) d’urbanisme et de zonage impose de sévères restrictions à la construction palestinienne », ajoute la même source.
Ces derniers développements interviennent dans un climat d’insécurité.
Entre le 21 et le 27 avril, l’OCHA indique avoir recensé au moins 100 raids ainsi que des opérations de perquisition et autres menées par les forces de l’occupation sioniste.
Celles-ci ont entraîné « des détentions massives, des évacuations temporaires de logements et des restrictions de circulation, notamment dans les gouvernorats de d’El Qods et de Naplouse ».
Par ailleurs, les attaques des colons contre les établissements scolaires accentuent la pression exercée sur les familles rurales pour qu’elles quittent leurs foyers et leurs communautés.
La situation n’est guère mieux à Ghaza où les restrictions à l’entrée de biens essentiels ont un impact cumulatif et de plus en plus grave sur les opérations humanitaires et la prestation de services dans l’enclave palestinienne qui tente de se relever de deux ans d’agressions sionistes.
Selon l’OCHA, les restrictions à l’entrée de générateurs, d’huile moteur et de pièces détachées entraînent des pannes généralisées, réduisant les services de santé et d’assainissement, le déblaiement des décombres et la mobilité des équipes humanitaires.
« La pénurie prolongée d’huile moteur et de pièces de rechange, auparavant atténuée par la réutilisation, n’est plus gérable et les systèmes critiques tombent désormais en panne », souligne le bureau onusien.
Al Aklouk appelle la Belgique à finaliser la reconnaissance de l’Etat de Palestine
Le représentant permanent de l’Etat de Palestine auprès de la Ligue des Etats arabes, l’ambassadeur Muhannad Al-Aklouk, a appelé la Belgique à finaliser la reconnaissance de l’Etat de Palestine, annoncée en septembre 2025, et à soutenir la conclusion d’un accord de partenariat stratégique entre l’Union européenne et la Palestine. Lors d’une rencontre tenue au Caire avec une délégation belge conduite par l’envoyé spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Johan Verkaman, en présence notamment de la consule générale à El-Qods occupée, Annick van Kalster, et de l’ambassadeur en Egypte, Bart de Groff, M. Al-Aklouk a également plaidé pour un appui financier accru au gouvernement palestinien afin de lui permettre d’honorer ses engagements. Le diplomate palestinien a salué les positions de la Belgique, qu’il a qualifiées de « fondées sur des principes » et conformes au droit international, citant notamment son soutien à l’UNRWA, la suspension des transactions consulaires liées aux colonies, ainsi que son appui à la révision de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’entité sioniste.
De son côté, la délégation belge a insisté sur la nécessité de progresser vers l’unification du territoire palestinien et de mettre fin aux souffrances de la population, soulignant l’importance du rôle des pays arabes dans ce processus.
Les détenues palestiniennes de la prison de Damon soumises à des campagnes de répression et de torture
Les détenues palestiniennes de la prison de Damon ont subi plus de dix actes de violence et de torture au cours du mois d’avril dernier, a indiqué lundi le Bureau d’information des prisonniers palestiniens.
Dans un communiqué, le bureau a affirmé qu’une intensification des opérations de répression contre les détenues palestiniennes a été enregistrée dans la prison de Damon, avec plus de dix incursions menées par des unités spéciales dans différentes sections, dans le cadre d’une politique systématique de harcèlement et de restriction.
Selon la même source, ces opérations ont été concentrées dans plusieurs cellules et ont inclus l’utilisation de grenades assourdissantes, ainsi que des transferts forcés de détenues.
Le bureau a également signalé la présence de deux détenues enceintes dans la prison, souffrant de conditions sanitaires difficiles, l’une d’elles ayant été transférée à l’hôpital en raison de la détérioration de son état de santé. Le même organisme souligne en outre une dégradation des conditions de vie à l’intérieur de la prison, marquée par une forte surpopulation dans les cellules.
Le communiqué conclut que cette escalade de la répression reflète une politique organisée visant à briser la volonté des détenues, exhortant les organisations de défense des droits humains à intervenir d’urgence pour mettre fin à ces pratiques et garantir leur protection ainsi que leurs droits fondamentaux.
