Dans un contexte national et international marqué par de profondes mutations, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a accordé une entrevue périodique aux représentants de la presse nationale, diffusée sur les chaînes de télévision et de radio publiques.
Cette rencontre, attendue par l’opinion, a permis d’aborder, avec une rare densité, les principaux dossiers politiques, économiques et diplomatiques qui structurent l’actualité du pays.
Au-delà du simple exercice de communication, cette intervention s’inscrit dans une volonté affirmée de transparence, de pédagogie politique et de consolidation des institutions de l’État.
Une démocratie en consolidation et un processus électoral sécurisé
D’emblée, le chef de l’État a tenu à rappeler les fondements de la nouvelle gouvernance électorale en Algérie.
Insistant sur la rupture avec les pratiques du passé, il a affirmé avec fermeté que toute ingérence de l’administration dans le processus électoral est désormais strictement interdite.
La mise en place de Autorité nationale indépendante des élections constitue, selon lui, une avancée majeure dans la construction d’un système électoral crédible, transparent et conforme aux standards démocratiques.
Le président a souligné que, depuis son accession à la magistrature suprême, la notion de fraude électorale a disparu du lexique politique national, signe d’une transformation profonde du cadre institutionnel.
Il a néanmoins reconnu l’existence de certaines insuffisances, appelant à leur correction progressive dans le cadre d’un processus d’amélioration continue.
Dans cette perspective, il a évoqué la possibilité de recourir aux structures locales, telles que les communes et les wilayas, pour l’organisation matérielle des élections, sans pour autant porter atteinte à l’indépendance juridique de l’ANIE.
Liberté d’expression : un droit garanti dans le respect des constantes nationales
Abordant la question des libertés publiques, le président de la République a réaffirmé avec clarté que la liberté d’expression est garantie en Algérie, mais qu’elle s’exerce dans le respect des lois de la République, des valeurs sociétales et des composantes de l’identité nationale.
Il a insisté sur le fait que les idées exprimées doivent être authentiques et ne pas servir de vecteur à des agendas extérieurs visant à semer la discorde.
Dans un ton ferme, il a rappelé son engagement constitutionnel à défendre l’unité nationale contre toute tentative de fragmentation.
La justice, a-t-il précisé, n’intervient que de manière exceptionnelle dans les affaires liées à l’expression d’opinion, mais demeure vigilante face aux dérives telles que l’injure, la diffamation ou l’atteinte à la cohésion sociale.
Le président a également dénoncé ce qu’il considère comme un double standard international en matière de libertés, pointant du doigt certains pays occidentaux qui revendiquent des valeurs démocratiques tout en sanctionnant l’expression de soutien à des causes internationales, notamment la cause palestinienne.
Diplomatie proactive et affirmation du rôle d’intermédiaire
Sur le plan diplomatique, le président Tebboune a mis en exergue le positionnement stratégique de l’Algérie en tant qu’acteur crédible sur la scène internationale.
La visite du souverain pontife, Pape Léon XIV, a été présentée comme un événement marquant, venant consacrer le rôle historique de l’Algérie en tant qu’intermédiaire fiable dans le dialogue interreligieux et le rapprochement des peuples.
Cette visite, qualifiée de succès, a permis de renforcer les relations avec le Vatican et de projeter une image d’ouverture, de tolérance et de stabilité.
Le président a également évoqué les échanges constructifs avec le Pape, soulignant leur convergence sur les valeurs de respect mutuel et de coexistence pacifique.
Une politique étrangère fondée sur la souveraineté et le non-alignement
Évoquant les crises régionales, notamment la situation au Mali, le chef de l’État a adopté un ton empreint de gravité et de fraternité.
Il a réitéré l’attachement de l’Algérie au principe de non-ingérence, tout en appelant les autorités maliennes à privilégier le dialogue avec leur peuple.
Rappelant les liens historiques entre les deux pays, il a exprimé sa conviction que seule une solution politique inclusive permettra de restaurer la stabilité.
Dans le même esprit, il a affirmé que l’Algérie ne renoncera jamais à sa doctrine de non-alignement, maintenant des relations équilibrées avec ses partenaires internationaux, tout en refusant catégoriquement l’installation de bases militaires étrangères sur son territoire.
Cette position, selon lui, constitue un pilier de la crédibilité diplomatique du pays.
Concernant la question palestinienne, le président a réaffirmé le soutien indéfectible de l’Algérie à la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, dénonçant toute tentative d’imposer des solutions contraires au droit international.
Une économie en mutation portée par la compétitivité industrielle
Sur le plan économique, l’intervention présidentielle a mis en lumière les transformations en cours dans le tissu productif national.
Le président Tebboune a souligné que plusieurs filières industrielles connaissent aujourd’hui une montée en puissance significative, contribuant à dynamiser les exportations hors hydrocarbures.
Il a rappelé que l’Algérie, autrefois importatrice de certains produits stratégiques, est désormais capable de les exporter, à l’image du rond à béton.
Le développement de l’industrie automobile, notamment à travers les projets d’intégration locale, illustre cette volonté de bâtir une économie productive et compétitive.
Le président a également salué les performances du secteur agroalimentaire, dont les produits sont de plus en plus demandés sur les marchés internationaux, témoignant de la qualité et de la compétitivité de la production nationale.
Grands projets structurants et valorisation des ressources
Parmi les projets structurants évoqués, celui du phosphate intégré de Bled El Hadba occupe une place centrale.
Ce projet, qui prévoit la mise en service d’une usine d’acide phosphorique d’ici fin 2026 ou début 2027, s’inscrit dans une stratégie globale visant à valoriser les ressources naturelles du pays à travers leur transformation locale.
Le président a insisté sur le fait que l’Algérie ne se contentera plus d’exporter des matières premières à l’état brut, mais qu’elle s’orientera résolument vers la création de valeur ajoutée et la génération d’emplois.
Il a également évoqué l’existence de nombreux gisements miniers encore inexploités, appelés à être développés dans le cadre d’une vision nationale cohérente.
Réformes financières et lutte contre les pratiques illicites
Dans le domaine financier, le chef de l’État a souligné les avancées réalisées en matière de modernisation du système bancaire et de lutte contre les pratiques frauduleuses.
Il a insisté sur la nécessité de généraliser progressivement le paiement électronique, tout en mettant en garde contre les risques liés à la circulation de la monnaie fiduciaire.
Il a également dénoncé les pratiques de sous-facturation et de non-rapatriement des devises, révélant l’existence de montants importants concernés par ces infractions.
Après avoir éradiqué les réseaux de surfacturation, l’État se trouve aujourd’hui confronté à de nouvelles formes de fraude, qu’il entend combattre avec la même détermination.
Une trajectoire de développement irréversible et une souveraineté préservée
En conclusion, le président de la République a affirmé que l’Algérie a atteint un niveau de développement irréversible, fruit des réformes engagées et des efforts consentis.
Il a appelé à poursuivre cette dynamique en renforçant la diversification économique, la création d’emplois et la valorisation des ressources nationales.
Réaffirmant que l’Algérie ne compromettra ni son indépendance ni ses richesses, il a souligné que celles-ci appartiennent exclusivement au peuple algérien.
Il a enfin invité l’ensemble des acteurs nationaux, y compris les médias, à accompagner cette transformation en étant pleinement conscients des enjeux régionaux et internationaux.
À travers cette entrevue dense et structurée, Abdelmadjid Tebboune a esquissé les contours d’une Algérie résolument engagée sur la voie de la modernisation, de la souveraineté et du rayonnement international.
Abed MEGHIT
