La ville de Batna a été le théâtre, hier après-midi, de funérailles solennelles en l’honneur de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, une figure emblématique de l’histoire contemporaine de l’Algérie.
La cérémonie, qui s’est déroulée au cimetière central de Bouzourane, a été présidée par le Président de la République, Chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, M. Abdelmadjid Tebboune, accompagné de hauts responsables de l’État, de membres du gouvernement, de personnalités nationales, de moudjahidine et de citoyens venus des quatre coins du pays.
Dans son oraison funèbre, le Général-major Mabrouk Saba, Directeur de l’Information et de la Communication de l’État-Major de l’Armée nationale populaire, a rappelé que le défunt avait voué sa vie au service de la nation avec sincérité et intégrité, soulignant son parcours exceptionnel marqué par l’engagement patriotique et le sens du devoir.
« Liamine Zeroual fut un moudjahid valeureux et un révolutionnaire exemplaire », a-t-il affirmé, rappelant ses contributions décisives dans l’édification et le développement de l’État algérien.
Promu général en 1988, il avait, par la suite, assumé les fonctions de ministre de la Défense puis de Président de la République dans une période particulièrement difficile de l’histoire nationale.
Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a, pour sa part, mis en avant les qualités humaines et politiques du défunt, saluant son courage, sa droiture et son engagement indéfectible pour la patrie.
« Nous faisons nos adieux à un dirigeant d’exception, un homme forgé par les épreuves et les responsabilités », a-t-il déclaré, affirmant que l’exemple de Liamine Zeroual resterait gravé dans la mémoire collective et servirait de modèle pour les générations futures.
La dépouille du défunt a été transportée dans un cortège impressionnant, au milieu d’une foule nombreuse massée le long du parcours menant au cimetière, symbolisant l’affection et l’estime que le peuple algérien lui portait.
À l’issue de l’inhumation, le Président de la République a remis à la famille l’emblème national qui drapait le cercueil, clôturant ainsi une cérémonie empreinte de solennité et de recueillement.
L’héritage de Liamine Zeroual dépasse son rôle politique.
Il incarne l’engagement d’un moudjahid qui, dès son plus jeune âge, a rejoint la glorieuse Révolution de libération nationale, consacrant sa vie à défendre l’indépendance et la souveraineté de l’Algérie.
Son parcours militaire, marqué par la direction de plusieurs institutions stratégiques et son élévation au rang de commandant des forces terrestres, témoigne de son rôle essentiel dans l’édification de l’Armée nationale populaire.
Élu Président de la République en 1995, il a exercé ses fonctions avec humilité et rigueur, organisant notamment des élections anticipées en 1999, démontrant sa volonté de placer l’intérêt national au-dessus de toute ambition personnelle.
Son décès laisse un vide immense dans la conscience collective, mais également un exemple de dévouement et de patriotisme dont l’Algérie peut s’inspirer pour les générations à venir.
A. Meghit
Une affluence record au siège de la wilaya pour saluer l’ancien Président Liamine Zeroual
Lundi matin, le siège de la wilaya de Batna a été le point de convergence de milliers de citoyens venus de diverses régions du pays pour rendre un dernier hommage à l’ancien président de la République et moudjahid Liamine Zeroual.
Cet hommage spontané et massif a témoigné de l’empreinte profonde qu’a laissée le défunt auprès du peuple algérien, qui reconnaît en lui une figure de bravoure, de sagesse et de dévouement au service de la nation.
Des citoyens venus des quatre coins du pays ont exprimé leur émotion en soulignant le parcours exemplaire du défunt, qui avait rejoint très jeune l’Armée de libération nationale et participé activement à la Révolution du 1er Novembre.
Son engagement militaire et politique a été guidé par la volonté de défendre l’indépendance et de consolider les fondements de l’État algérien. Le wali de Batna, Ryadh Benahmed, ainsi que plusieurs responsables locaux, élus et moudjahidine, ont participé à la cérémonie de recueillement, rendant hommage à la mémoire d’un dirigeant qui a su incarner la droiture et la responsabilité.
La moudjahida Sassia Hallis, ancienne membre d’une cellule secrète durant la Révolution, a également témoigné de sa profonde admiration pour les sacrifices consentis par Liamine Zeroual au service de la patrie.
La dépouille a été exposée dans un cadre solennel, permettant aux citoyens de jeter un dernier regard et d’exprimer leur gratitude à celui qui a su mener le pays à travers l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Après la présentation au siège de la wilaya, le cortège s’est dirigé vers le cimetière central de Bouzourane, où s’est déroulée l’inhumation officielle.
Le parcours de Liamine Zeroual est ponctué d’une série de responsabilités militaires et politiques, de l’école militaire de Batna à l’Académie militaire de Cherchell, jusqu’aux postes de commandement des différentes régions militaires, avant d’être nommé chef de l’État en 1994.
Son élection présidentielle en 1995 et son organisation volontaire d’élections anticipées en 1999 témoignent de sa vision démocratique et de son sens aigu de l’intérêt national.
Cette affluence exceptionnelle au siège de la wilaya souligne non seulement la place historique de Liamine Zeroual dans la mémoire collective algérienne, mais également l’importance de l’engagement civique et de la reconnaissance du peuple envers ses leaders d’exception.
Son exemple restera une référence pour les citoyens et les dirigeants, incarnant la loyauté, le courage et l’amour indéfectible pour la patrie.
A. MEGHIT
Liamine Zeroual : une trajectoire forgée dans l’engagement et la responsabilité
Le parcours de Liamine Zeroual illustre avec force la trajectoire d’un homme entièrement dévoué à son pays.
Né le 3 juillet 1941 à Batna, il s’engage très tôt dans la lutte de Libération nationale, animé par un patriotisme précoce qui marquera toute sa vie.
Cet engagement fondateur constitue le socle d’une carrière bâtie sur la discipline, le sens du devoir et la fidélité aux idéaux de souveraineté.
Après l’indépendance, il intègre les rangs de l’Armée nationale populaire, où il entame un parcours remarquable.
Sa formation militaire, acquise dans plusieurs pays, lui confère une solide expertise stratégique.
Il gravit progressivement les échelons, occupant des fonctions de commandement dans différentes régions du pays, notamment à Tamanrasset, Béchar et Constantine.
Son passage à la tête d’institutions de formation militaire témoigne également de son rôle dans la transmission du savoir et la structuration de l’appareil de défense.
En 1988, il accède au grade de général, avant d’être nommé commandant des forces terrestres.
Sa nomination en 1993 au poste de ministre de la Défense nationale intervient dans un contexte délicat, nécessitant des compétences à la fois militaires et politiques.
Pourtant, fidèle à sa nature discrète, il choisit de se retirer peu après, préférant s’éloigner de la scène publique.
Mais l’histoire en décide autrement.
En 1994, dans une période marquée par de graves défis sécuritaires, il est appelé à assumer la présidence de l’État.
Cette responsabilité, qu’il accepte par devoir, le place au cœur d’une situation nationale complexe.
Malgré les difficultés, il parvient à instaurer un climat de confiance, grâce à son image d’homme intègre et à sa capacité à incarner l’autorité sans excès.
Son élection à la présidence de la République en 1995, lors de la première élection pluraliste, marque une étape importante dans le processus politique du pays.
Durant son mandat, il s’efforce de consolider les institutions et de favoriser un retour progressif à la stabilité.
Sa vision repose sur un équilibre entre sécurité et ouverture politique, avec une attention constante portée à l’intérêt général.
En 1999, il prend la décision d’organiser des élections anticipées, mettant ainsi fin à son mandat avant son terme.
Ce choix, qui reflète une conception exigeante du pouvoir, renforce son image d’homme d’État responsable.
Il démontre qu’il est possible de servir les institutions sans s’y accrocher, en privilégiant toujours la continuité de l’État.
Jusqu’à ses dernières apparitions publiques, notamment en 2023 lors d’une marche de solidarité avec le peuple palestinien, il reste fidèle à ses convictions.
Sa vie témoigne d’un engagement constant, marqué par la sobriété et la cohérence.
Aujourd’hui encore, son parcours demeure une source d’inspiration, rappelant que le véritable leadership repose sur l’intégrité et le sens du devoir.
A. MEGHIT
