Dans la wilaya de Béjaïa, la question de l’environnement et de la qualité du cadre de vie s’impose progressivement comme une priorité partagée par les autorités locales et les citoyens. Cette dynamique se traduit notamment par le lancement de la quatrième édition du concours du village et du quartier les plus propres, une initiative devenue au fil des années un véritable symbole de mobilisation collective et de participation citoyenne.
Portée par l’Assemblée populaire de wilaya, cette initiative vise à encourager les habitants à s’impliquer activement dans la préservation de leur environnement, dans l’embellissement de leurs localités et dans la promotion d’une culture durable de la propreté. L’objectif dépasse largement la simple compétition : il s’agit avant tout de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté et de promouvoir des comportements responsables en matière de gestion des espaces publics.
La préparation de cette nouvelle édition a débuté par une rencontre de coordination réunissant les membres du bureau de l’Assemblée populaire de wilaya, les élus des Assemblées populaires communales ainsi que les représentants des associations et des comités de village désireux de participer à cette initiative. Cette réunion a permis de présenter les modalités pratiques d’organisation du concours, les critères d’évaluation ainsi que les différentes étapes du processus de sélection. L’engouement suscité par cette quatrième édition confirme l’intérêt croissant des habitants pour ce type d’initiatives citoyennes. Pas moins de trente-cinq dossiers de candidature ont été déposés par des villages et des quartiers souhaitant participer à la compétition. Après examen par la commission d’évaluation, seize villages issus de dix-sept communes ainsi que sept quartiers urbains ont été retenus pour concourir. Les localités sélectionnées se répartissent notamment dans les communes de Béjaïa, Tichy, Tazmalt, Derguina, Akbou, Amizour et Ighil Ali, illustrant la diversité géographique et sociale des participants. Dans les semaines à venir, les membres de la commission procéderont à plusieurs visites de terrain afin d’évaluer les efforts réalisés par les candidats. Le système d’évaluation repose sur un ensemble de critères précis couvrant différents aspects de la vie communautaire. Les villages seront notés sur un total de deux cent trente points, tandis que les quartiers urbains seront évalués sur cent cinquante points. Parmi les éléments pris en compte figurent notamment l’état de la voirie, la gestion des déchets, l’entretien des espaces publics, la préservation des fontaines et des sources, la protection du patrimoine architectural, ainsi que la qualité des espaces verts et des lieux de détente. La participation des habitants constitue également un critère essentiel d’évaluation. Les organisateurs accordent une attention particulière à l’implication des associations, à la mobilisation des jeunes et à la contribution des femmes dans les initiatives de développement local. L’animation citoyenne et les actions collectives visant à sensibiliser la population à la protection de l’environnement sont également valorisées. À l’issue des visites d’inspection, huit villages et trois quartiers seront distingués par la commission d’évaluation. Les récompenses prévues sont particulièrement significatives et témoignent de l’importance accordée à cette initiative. Le village classé premier recevra une récompense de cinq millions de dinars, tandis que le deuxième et le troisième se verront attribuer respectivement trois millions cinq cent mille dinars et deux millions cinq cent mille dinars. D’autres prix seront également décernés afin de valoriser les efforts des localités participantes. Pour les quartiers urbains, trois distinctions sont prévues avec des récompenses de deux millions, un million cinq cent mille et un million de dinars. Au-delà de leur dimension financière, ces prix représentent surtout une reconnaissance symbolique des efforts collectifs accomplis par les habitants.
Au fil des éditions, ce concours est devenu bien plus qu’une simple compétition. Il constitue aujourd’hui un véritable laboratoire de citoyenneté active où les habitants, les associations et les autorités locales travaillent ensemble pour améliorer durablement leur cadre de vie. Cette dynamique illustre parfaitement la capacité des communautés locales à se mobiliser autour d’objectifs communs lorsque les initiatives sont accompagnées et encouragées par les institutions publiques. Dans un contexte où les enjeux environnementaux occupent une place de plus en plus centrale dans les politiques publiques, l’expérience de Béjaïa démontre que la participation citoyenne peut jouer un rôle déterminant dans la transformation des territoires et dans la construction d’un environnement plus sain et plus harmonieux pour les générations futures.
Abed MEGHIT
