Au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Alger, les sonorités profondes et intemporelles du chaâbi ont résonné avec intensité lors de l’ouverture de la quinzième édition du Festival culturel national de la chanson chaâbie.
Cet événement majeur du calendrier artistique algérien constitue chaque année un rendez-vous incontournable pour les amateurs de ce genre musical profondément ancré dans l’histoire et la mémoire collective du pays.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, qui a souligné dans son allocution la dimension patrimoniale et philosophique de la chanson chaâbie.
Selon elle, ce genre musical représente bien plus qu’une simple expression artistique : il incarne une véritable philosophie de vie qui reflète l’âme des villes ancestrales et l’héritage culturel transmis par les grands maîtres qui ont façonné ce répertoire.
La soirée inaugurale s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités nationales, parmi lesquelles Amar Abba, conseiller auprès du président de la République chargé des affaires diplomatiques, Kamel Sidi Saïd, conseiller chargé de la communication à la Présidence de la République, ainsi que Mohamed Boukhari, président du Conseil national économique, social et environnemental.
La présence de ces hautes personnalités témoigne de l’importance accordée par les institutions de l’État à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel immatériel.
Dans son discours, la ministre a rendu un hommage appuyé aux « chouyoukh » qui ont contribué à bâtir les fondations de la chanson chaâbie et à en faire l’un des symboles les plus emblématiques de l’identité musicale algérienne.
Le commissaire du festival, Abdelkader Bendamèche, a annoncé que cette édition rendra hommage à deux figures marquantes de ce genre musical : Cheikh El Hadj Bourahla, maître du kheloui, et Cheikh Khalifa Belkacem, reconnu pour sa maîtrise exceptionnelle de l’istikhbar.
La soirée d’ouverture a offert au public un spectacle artistique mêlant théâtre, poésie et musique, retraçant l’évolution de la chanson chaâbie depuis ses origines jusqu’à son rayonnement contemporain.
L’orchestre dirigé par le maestro Fatah Mahala a accompagné cette fresque musicale, offrant aux spectateurs un véritable voyage dans l’histoire de ce patrimoine.
À l’entrée de la salle, une exposition de portraits rendant hommage aux grandes figures du chaâbi a permis de rappeler l’immense contribution d’artistes tels qu’El Hachemi Guerouabi, El Hadj M’Hamed El Anka, El Hadj M’Hamed Mrizek, Amar Ezzahi ou encore Fadéla Dziria.
La compétition officielle, présidée par l’artiste El Hadi El Anka, a également débuté lors de cette première soirée avec la prestation de plusieurs candidats venus de différentes régions du pays.
Ces jeunes talents participent à un concours destiné à révéler la nouvelle génération d’interprètes capables de perpétuer cet héritage musical.
Créé en 2006, le festival de la chanson chaâbie a connu une interruption de plusieurs années avant d’être relancé récemment.
Aujourd’hui, il s’impose comme un espace de transmission et de formation pour les jeunes artistes, grâce notamment aux ateliers pédagogiques organisés par l’Institut national supérieur de musique.
Avec seize candidats en lice et un programme artistique riche, cette quinzième édition confirme la vitalité d’un genre musical qui continue de traverser les générations.
En célébrant la mémoire des maîtres et en offrant une scène aux jeunes interprètes, le festival contribue à assurer la pérennité d’un patrimoine qui demeure l’une des expressions les plus authentiques de la culture algérienne.
Abed MEGHIT
