Les attaques contre les écoles en période de conflit ont augmenté de 166 % entre 2021 et 2024, déplore le Haut -Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), citant le cas du Soudan, de Ghaza ou encore de Myanmar.
Selon le HCDH, au Soudan, les écoles sont bombardées, occupées à des fins militaires ou contraintes de fermer. En conséquence, treize millions d’enfants ne sont plus scolarisés.
En 2024, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, près d’un enfant sur six dans le monde, soit environ 470 millions, a été directement affecté par les conflits armés.
Ces statistiques mondiales prennent une dimension tragique quand on observe la situation « tout aussi dévastatrice » à Ghaza.
« L’enclave palestinienne compte aujourd’hui le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, certains enfants ayant subi plusieurs amputations », affirme le HCDH.
Pis encore, longtemps après la fin des combats, les enfants continueront d’être exposés à des risques mortels dans leur vie quotidienne. Malgré l’ampleur de ces tragédies, les réponses politiques restent insuffisantes.
« Il existe toujours un profond manque de volonté politique pour prévenir les souffrances des enfants dans les zones de conflit », a regretté lundi la Haut -Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Nada Al Nashif devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Mme Al-Nashif qui s’exprimait lors d’un panel sur les droits des enfants dans les conflits armés a regretté que des « Etats puissants affaiblissent le système multilatéral et sapent le respect du droit international ».
Tandis que la responsabilité politique reste insuffisante, les violations contre les enfants se poursuivent sur le terrain.
Selon la Représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, les parties au conflit ont continué de commettre de graves violations à l’encontre des enfants.
« Des enfants ont été tués et mutilés, recrutés et utilisés, enlevés, victimes de viols et d’autres formes de violence sexuelle, privés d’accès à l’aide humanitaire et touchés par des attaques contre des écoles et des hôpitaux », a-t-elle affirmé.
De plus, l’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées, l’utilisation militaire d’écoles, les déplacements forcés et les crises prolongées ont aggravé leurs souffrances et compromis leur avenir.
Ces expériences tragiques trouvent un écho bouleversant dans la voix des enfants eux-mêmes. Mme Frazier a ainsi relayé les mots poignants d’un enfant palestinien ayant participé à la campagne « Prouvez que cela compte » : « Nous voulons que cette guerre cesse.
Nous voulons être des enfants comme tous les autres. Nous sommes des êtres humains, nous sommes des enfants, et nous méritons de vivre en paix. Aidez-nous à retrouver notre vie et notre enfance ».
