La Bourse de New York a terminé dans le rouge vendredi, plombée par la hausse continue des prix du pétrole avec l’escalade des tensions au Moyen-Orient, à laquelle s’ajoute un rapport sur l’emploi américain moins bon qu’attendu.
Le Dow Jones a reculé de 0,95%, l’indice Nasdaq a perdu 1,59% et l’indice élargi S&P s’est replié de 1,33%.
« Les prix de l’énergie suscitent de plus en plus d’inquiétudes », commente Tim Urbanowicz, d’Innovator Capital Management, cité par des médias.
Les cours du pétrole se sont envolés de près de 30% cette semaine, atteignant des niveaux plus vus depuis 2023, l’escalade des tensions au Moyen-Orient paralysant une grande partie des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe.
Les investisseurs craignent qu’une hausse durable des cours de l’énergie se répercute largement sur les prix payés à la caisse par les ménages.
Selon le site de suivi officiel AAA, les prix moyens de l’essence aux Etats-Unis ont augmenté d’environ 11% au cours de la semaine dernière.
« Le marché ne se portera pas bien si cette situation perdure », note M. Urbanowicz. « Cela va exercer une forte pression, qui pourrait même avoir un effet récessionniste. »
La Bourse de Paris repart à la baisse, rattrapée par les prix du pétrole
La Bourse de Paris a reculé jeudi, plombée par la reprise de la flambée des prix du pétrole en raison de la situation au Moyen-Orient .
Le CAC 40 a perdu 1,49% à 8.045,80 points, une baisse de 121,93 points. Ce recul a coupé court à la tentative de rebond de l’indice de la veille (+0,79%), sur fond d’accalmie sur le marché des hydrocarbures, après un début de semaine dans le rouge.
Le pétrole continue de grimper. Vers 17H00 GMT, le WTI américain prenait 6,04% à 79,17 dollars, au plus haut depuis plus d’un an, et le Brent de la mer du Nord gagnait 3,71% à 84,42 dollars.
La hausse du gaz naturel restait contenue, avec une progression de seulement 2,00% à 49,74 euros le mégawattheure pour le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe. Mais depuis le début de la semaine, il a flambé de près de 60%.
Les Bourses en Europe reculent à nouveau, rebond de l’Asie
Les marchés mondiaux restent nerveux alors que l’escalade militaire dans le Golfe entre dans son sixième jour jeudi, les Bourses européennes pliant face à la reprise des prix de l’énergie et l’Asie rebondissant.
Dans les premiers échanges, la Bourse de Milan perdait 0,81%, Paris 0,57%, Francfort 0,56%, Londres cédait 0,37%, repartant en terrain négatif après leur rebond technique de la veille.
Ce rebond des places européennes et américaines de mercredi s’est propagé à l’Asie jeudi: l’indice vedette Nikkei de la Bouse de Tokyo a clôturé en hausse de 1,90%. En Chine, Shenzhen a gagné 1,23% et Shanghai 0,64%, alors que l’indice Hang Seng de Hong Kong prenait 0,38% dans les derniers échanges.
A la Bourse de Séoul, l’indice Kospi a flambé de 9,63%. Une reprise spectaculaire au lendemain d’un plongeon historique de 12%, dans un marché paniqué par les répercussions de l’escalade militaire dans le Golfe et de la hausse des cours de l’énergie.
Pour les analystes, la hausse des prix du pétrole est clairement négative pour la Corée, pays qui importe environ 97% de son énergie, dont une grande partie transite par le détroit d’Ormuz, où le trafic aurait cessé.
Globalement, la hausse des prix du pétrole reste préoccupante, à l’échelle mondiale, d’après des économistes soulignant qu’une énergie plus chère pourrait peser sur les anticipations des banques centrales et pousser les rendements obligataires mondiaux à la hausse, ce qui exercerait une pression sur les indices des actions.
Les taux d’emprunt des Etats augmentaient encore nettement jeudi avec le risque inflationniste: le rendement de l’emprunt allemand à échéance 10 ans, considéré comme la référence européenne, évoluait à 2,80% vers 08H15 GMT contre 2,75% mercredi à la clôture.
Son équivalent italien s’établissait à 3,49% contre 3,43% mercredi et le français à 3,41% contre 3,35%. Le rendement britannique à 10 ans évoluait quant à lui à 4,50% contre 4,44% mercredi à la clôture.
