L’association « El Baha’a » de Boussaâda, qui excelle dans l’art de l’Inchad, des Mouachahate, ainsi que du Madih religieux et du chant patriotique, se singularise par un riche parcours au service de l’art authentique.
L’association « El Baha’a » a été fondée en 2000 en tant qu’ »ensemble artistique » par un groupe de jeunes passionnés qui ont décidé d’unir leurs talents pour créer une troupe spécialisée dans l’art de l’Inchad et du Madih religieux.
Décidés à percer dans ce domaine exigeant, ils débutèrent en interprétant plusieurs morceaux qui ne tardèrent pas à séduire le public, parmi lesquels « Atardha Habibi », un poème puisé du patrimoine, et le chant « In Ramet El Maâli », ainsi que d’autres œuvres jusqu’à l’enregistrement de leur premier album intitulé « Habibi Houa Allah » en 2001.
La troupe a poursuivi ses activités, multipliant les productions, pour être reconnue en tant qu’association artistique en 2003.
Ses œuvres sont désormais produites par « l’Association El Baha’a El Fenniya » et son écho se propage à travers tout le pays avec des albums et des titres que petits et grands mémorisent et reprennent en chœur L’association a participé à de nombreux événements nationaux et contribué à la préservation de l’art de l’inchad en organisant de nombreux festivals locaux, nationaux et internationaux.
Mohamed Houari, membre de l’association, a précisé à ce sujet que le groupe est aujourd’hui connu et reconnu grâce, notamment, à sa participation à de nombreux événements culturels en Algérie, à l’image du festival international du Samaâ Soufi de Sétif et de Laghouat.
La troupe a également animé de nombreuses soirées organisées dans le cadre de grands événements dont, entre autres, l’inauguration de Djamaâ El-Djazaïr.
M. Houari a rappelé, non sans une légitime fierté, que l’association qui a participé à de nombreuses manifestations internationales, et donné 35 soirées dans différentes salles et centres islamiques en Italie, en Syrie, en Jordanie, en Arabie Saoudite et en Tunisie, a contribué à hisser haut l’emblème national.
Servie par une notoriété désormais établie, la troupe a eu l’opportunité de représenter l’Algérie, à maintes reprises, au festival « Samaâ International de l’Inchad et de la musique spirituelle » au Caire (Egypte) et au festival international du Samaâ Soufi, sans oublier sa participation au festival international du Mawlid Ennabaoui à Kairouan (Tunisie).
L’association a impulsé la scène culturelle et artistique locale en prenant part à de nombreuses manifestations de proximité et à des projets culturels prometteurs.Le Mounchid Mohamed Bouhali a souligné à l’APS que le groupe ne s’est pas contenté d’interpréter des Madih, mais a également lancé des projets culturels remarquables, dont l’ouverture d’une école de musique et la publication d’un livre sur le patrimoine artistique de la région de Boussaâda intitulé « Voix et mélodies de l’oasis de Boussaâda », ainsi qu’un film documentaire « Boussaâda, art et histoire » consacré au patrimoine oral de la région, en plus de nombreux ateliers de formation pour les jeunes.
Le groupe artistique s’est, en outre, illustré dans l’interprétation de nombreux styles musicaux algériens, ce qui lui a valu de conquérir un public plus large à travers tout le pays.
Un fait que confirme un membre du groupe, le Mounchid Redouane Saïdani, qui a déclaré que « le secret de la réussite et de l’aura acquise par le groupe réside dans sa capacité à interpréter différents styles musicaux tels que le hawzi, le malouf et d’autres ».
Il a ajouté a également que le groupe excelle aussi dans le genre sahraoui qu’il a brillamment interprété en dédiant les paroles au Prophète Mohamed (QSSSL) et à de nombreux thèmes en lien avec les préceptes de l’Islam, comme le pèlerinage aux Lieux-Saints, les valeurs de solidarité et le respect des parents.
Des morceaux puisés de la poésie populaire (le Melhoun), parmi lesquels « Bism El Ilah » et « Yama Rifaki fatouni », ainsi que de nombreux poèmes voués au Mawlid Ennabaoui ont d’ailleurs contribué à forger la réputation de l’association « El Baha’a », a affirmé Redouane Saïdani.
