Chabab Raed Kouba, 81 ans d’héritage et un sommet gravé dans l’éternité du football algérien

dknews
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Quatre-vingt-un ans d’histoire ne se résument pas à une chronologie sportive pour le Chabab Raed Kouba.

Ils incarnent une mémoire collective, une identité forgée dans l’engagement et la passion, ainsi qu’un héritage profondément ancré dans le paysage du football national.

Depuis sa fondation en 1945 jusqu’aux souvenirs éclatants de la saison 1980-1981, le club algérois a traversé les époques en portant les aspirations de plusieurs générations de supporters, transformant ses exploits en repères durables de la culture sportive algérienne.

L’aventure commence le 28 février 1945 dans le quartier Oued Kniss, au cœur de Kouba, sous l’impulsion d’un groupe de jeunes militants nationalistes déterminés à inscrire le sport dans la dynamique du mouvement patriotique.

Sous la présidence fondatrice de Mustapha Ben Ouenniche, le club voit le jour sous l’appellation Riadha Club de Kouba, avec deux disciplines initiales : le football et la boxe.

Dès ses premières années, la formation s’illustre par un positionnement affirmé, réunissant exclusivement des joueurs algériens à une époque où le contexte colonial imposait de nombreuses restrictions.

Cette orientation lui vaudra une reconnaissance tardive de la part des autorités de l’époque, mais contribuera à forger une identité sportive intimement liée aux aspirations nationales.

Les couleurs vert et blanc, aujourd’hui indissociables de l’image du club, s’inspirent du dôme emblématique de la mosquée historique de Kouba, un repère architectural visible depuis la mer et symbole de continuité culturelle.

L’ancrage territorial et symbolique du club ne cessera par la suite de nourrir son identité, faisant de chaque rencontre sportive l’expression d’un attachement collectif.

Durant les années 1950, l’équipe participe au championnat d’Afrique du Nord, confirmant son ambition de s’imposer parmi les formations majeures de la région.

En 1956, à l’instar de nombreux clubs algériens, elle suspend ses activités en réponse à l’appel du mouvement national, inscrivant son parcours sportif dans l’histoire politique du pays.

Après l’indépendance, le Chabab Raed Kouba entame une phase de structuration déterminante.

En 1964, sous l’impulsion de ses dirigeants et de l’entraîneur Mustapha El-Kamel, le club inaugure sa première école de football.

Cette structure de formation deviendra l’un des piliers de son rayonnement, révélant plus de 120 internationaux toutes catégories confondues.

Parmi eux figure Salah Assad, attaquant emblématique du football algérien, dont la créativité technique et l’efficacité offensive marqueront durablement l’histoire de la sélection nationale.

La montée en première division lors de la saison 1965-1966 constitue un tournant.

Portée par une génération talentueuse, l’équipe s’impose comme une force compétitive du championnat national.

La même saison, elle atteint la finale de la Coupe d’Algérie, avant de terminer vice-championne l’année suivante, confirmant sa capacité à rivaliser avec les meilleures formations du pays.

Les années 1970 consolident cette stature.

Sous diverses appellations liées à ses partenaires institutionnels, le club multiplie les performances de haut niveau et s’inscrit régulièrement dans la course au titre.

Mais c’est la saison 1980-1981 qui inscrit définitivement le nom du Chabab Raed Kouba dans le panthéon du football algérien.

Cette année-là, l’équipe réalise une campagne exceptionnelle et décroche le championnat d’Algérie avec 65 points, devançant la JS Kabylie au terme d’une lutte acharnée.

La victoire décisive face au MC Alger lors de la dernière journée symbolise la maîtrise collective d’un groupe au sommet de son art.

Dans la foulée, Kouba remporte la Supercoupe d’Algérie en dominant l’USM Alger, devenant ainsi le premier club à inscrire son nom au palmarès de cette compétition.

Ce doublé historique demeure l’apogée sportive du Raed.
Sous la direction technique de Abdelkader Zerrar, ancien joueur de l’équipe du FLN, et la présidence de Moussaoui Djermane, une génération remarquable de joueurs porte les ambitions du club.

Parmi eux, le gardien Mehdi Cerbah, figure majeure du football national, incarne la solidité défensive d’une équipe équilibrée et ambitieuse.

Cependant, l’histoire du Chabab Raed Kouba n’est pas uniquement faite de triomphes.

Après deux décennies au plus haut niveau, le club connaît sa première relégation en 1985, marquant le début d’une période plus instable.

Il retrouve l’élite en 1988 après un duel intense avec le NA Hussein Dey, mais doit composer avec les aléas sportifs et organisationnels qui marqueront les décennies suivantes.

L’année 1987 reste gravée comme l’une des plus douloureuses de son histoire, après un tragique accident de la route ayant coûté la vie à plusieurs membres de l’équipe et entraîné son retrait du championnat.

Ce drame bouleverse durablement la trajectoire du club, renforçant toutefois la solidarité de ses supporters.

La fin des années 1990 et le début des années 2000 offrent des retours ponctuels au premier plan, avec plusieurs promotions en divisions supérieures.

Mais depuis la saison 2008-2009, le club peine à retrouver la Ligue 1, oscillant entre espoirs de remontée et réalités sportives plus complexes.

Aujourd’hui, à l’occasion de son 81e anniversaire, le Chabab Raed Kouba demeure un symbole vivant de persévérance.

Au-delà des résultats, il incarne une tradition sportive, une école de formation et une mémoire collective qui continuent d’alimenter la passion de ses supporters.

Fidèles aux couleurs vert et blanc, ces derniers gardent intacte la conviction que le club retrouvera un jour les sommets qui ont façonné sa légende.

Ainsi, plus qu’un palmarès, l’histoire du Raed Kouba est celle d’un patrimoine sportif et humain, où chaque génération ajoute une page à un récit entamé il y a plus de huit décennies et toujours porté par la même ferveur.

Abed MEGHIT 

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