Un avion de l’ONU a atterri jeudi à l’aéroport de Khartoum pour la première fois depuis le début, en avril 2023, du conflit au Soudan entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR), s’est félicitée une responsable onusienne.
« Je voudrais redire à quel point je suis heureuse d’avoir pris le premier vol humanitaire de l’ONU vers Khartoum en trois ans, c’est un événement important pour la communauté humanitaire », a déclaré la coordinatrice humanitaire de l’ONU au Soudan, Denise Brown, à sa descente de l’appareil.
Le vol était parti de Port-Soudan, sur la mer Rouge.
« Pouvoir nous déplacer par avion à travers le Soudan, un vaste pays, va faciliter notre travail », a souligné Mme Brown.
La responsable onusienne, qui doit ensuite se rendre dans la région du Kordofan, a indiqué que l’accès aux villes de Kadougli et Dilling était quasiment impossible avant la récente levée par l’armée du siège imposé par les paramilitaires.
« Nous ne pouvions pas acheminer de fournitures.
Nous avons dû évacuer notre personnel pour sa sécurité », a-t-elle expliqué.
Les livraisons humanitaires n’ont repris que la semaine dernière, avec plus de 50 camions transportant des fournitures essentielles destinées aux intervenants soudanais en première ligne.
Mme Brown a également relayé les inquiétudes croissantes de l’ONU face à l’aggravation de la faim à travers le pays.
« Il est essentiel que le monde comprenne les conséquences de la guerre », a-t-elle insisté, appelant les dirigeants mondiaux à « se concerter pour trouver une solution ».
Conflit au Soudan : le nombre de civils tués a plus que doublé en 2025 (ONU)
Le nombre de civils tués dans le conflit armé qui ravage le Soudan depuis près de trois ans, a plus que doublé en 2025, avec environ 11.300 décès recensés auxquels s’ajoutent les corps non identifiés et les disparus, a indiqué jeudi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk.
L’année 2025 a connu « une augmentation de plus de deux fois et demi du nombre de civils tués comparé à l’année précédente », sans compter les disparus et les corps non identifiés, a dit Volker Türk devant le Conseil des droits de l’Homme réuni à Genève.
Les combats entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) se sont intensifiés l’an dernier avec un recours accru aux drones de longue portée et des bombardements touchant « des écoles, des hôpitaux ou des lieux de culte » dans les zones peuplées, a-t-il déploré.
Le Haut commissaire a notamment pointé « le carnage » perpétré au Darfour par les FSR en avril 2025 lors de leur assaut sur le camp de déplacés de Zam Zam, puis en octobre 2025 lors de leur offensive sur El Fasher, dernier bastion de l’armée dans cette vaste région de l’ouest.
M. Türk a aussi pointé « l’inquiétante escalade des frappes de drones et des blocus » imposés par les FSR au Kordofan, région voisine du Darfour désormais au cœur des combats.
Depuis le 1er janvier, ces attaques ont tué ou blessé près de 600 civils, a-t-il dit.
Les drones des FSR ont visé « des infrastructures vitales, notamment des centrales électriques, des barrages et des dépôts de carburant », aggravant les conditions de vie des civils.
En même temps, « les attaques ciblées contre le personnel de santé, (…) les convois humanitaires et les approvisionnements alimentaires –tous protégés en Droit international– coupent les dernières bouées de sauvetage et aggravent l’une des crises humanitaires les plus graves au monde », a-t-il déploré.
