La bataille du 22 février 1957 au douar Sebaghnia, dans la région de Hammam Melouane (Blida), représente un des faits marquants de la glorieuse Guerre de libération nationale, illustrant un des plus nobles exemples de sacrifice face à l’occupation française.
Selon l’enseignant à l’Université Ali-Lounici, Mohamed Cherif Sidi Moussa, ce fait d’armes est survenu après que les autorités coloniales avaient appris la tenue, au douar Sebaghnia, d’une réunion regroupant près de 400 étudiants venus de différentes régions du pays et qui s’apprêtaient à rejoindre les rangs de la Révolution en réponse à l’appel lancé le 19 mai 1956 par l’Union générale des étudiants musulmans algérien (UGEMA).
La supervision du groupe avait été confiée au chahid Mohamed Tayeb Slimanen, dit « Si Zoubir », chef de commando dans la 2e zone de la 1ere région, sur instruction du Comité de coordination et d’exécution dirigé par le chahid Abane Ramdane, afin d’assurer l’acheminement des étudiants vers les monts de l’Atlas blidéen.
Ayant eu écho de l’opération, l’armée française lança une offensive d’envergure, appuyée par 15 hélicoptères transportant d’importants effectifs, dans le but de lui faire échec et d’éliminer les étudiants.
Face au danger, « Si Zoubir » ordonna aux étudiants de se replier vers la montagne et engagea un combat inégal pour couvrir leur retrait, préférant se sacrifier pour préserver leur vie. La majorité des étudiants ont réussi à s’échapper, mais « Si Zoubir » est tombé au champ d’honneur, à l’âge de 30 ans. Quelque 27 étudiants sont également tombés en martyrs lors de cet affrontement, dans une scène témoignant de l’ampleur des sacrifices consentis pour la liberté et l’indépendance.
A ce propos, l’enseignant Sidi Moussa a affirmé que la bataille de Sebaghnia constitue un modèle d’esprit d’altruisme et de discipline révolutionnaire, reflétant les valeurs du sacrifice et d’abnégation qui ont caractérisé la Révolution. Il a souligné que la protection des étudiants, ce jour-là, a contribué à assurer la continuité du combat et à renforcer les rangs de la Révolution par de jeunes cadres.
« Cet épisode demeure une source d’inspiration pour les générations actuelles et met en évidence le rôle central joué par les étudiants et les moudjahidine dans le processus de libération », a-t-il ajouté, estimant que l’évocation des hauts faits et des sacrifices des chouhada pour que vive l’Algérie libre et indépendante est « un devoir national ».
De son côté, l’historien Omar Bouregâa a indiqué que le courage du chahid « Si Zoubir » demeure une fierté pour les habitants de la région, au vu de son héroïsme face aux avions français, dans une scène illustrant la force de la foi en la justesse de la cause et l’esprit de sacrifice des moudjahidine de la Révolution.
Il a ajouté que la bataille de Sebaghnia, à l’instar des autres combats menés à travers le territoire national, a confirmé, de manière claire, l’organisation de la Révolution et l’adhésion populaire autour de ses objectifs.
Les restes des chouhada sont restés engloutis au site même de la bataille durant plusieurs années avant d’être découverts après l’indépendance par des habitants et réinhumés à Sebaghnia aux côtés des martyrs de la région.
La commune de Hammam Melouane et les autorités locales commémorent annuellement cette épopée, en hommage aux sacrifices des martyrs.
