Représentant le président de la République Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre Sifi Ghrieb a pris part à Addis-Abeba à une séance consacrée au G20, organisée en marge du 39e Sommet de Union africaine, marquant ainsi la volonté de l’Algérie de consolider la voix du continent dans l’architecture économique mondiale et de promouvoir un multilatéralisme plus équitable. Dans l’allocution présidentielle lue à cette occasion, l’Algérie a salué la présidence sud-africaine du G20, qualifiée d’étape historique pour l’Afrique, le sommet s’étant tenu pour la première fois sur le sol africain. Ce moment symbolique est présenté comme un tournant politique et institutionnel, consacrant l’émergence du continent en tant qu’acteur influent dans la gouvernance économique internationale, après des décennies de marginalisation au sein des grands mécanismes décisionnels mondiaux.
La participation active de la délégation algérienne aux réunions de haut niveau consacrées aux priorités du G20 reflète, selon la déclaration présidentielle, la profondeur des relations bilatérales avec l’Afrique du Sud et l’importance accordée à la concertation stratégique entre puissances africaines. L’invitation adressée par le président Matamela Cyril Ramaphosa à l’Algérie pour participer aux travaux du Sommet a été interprétée comme un signe de confiance politique et de convergence de vues sur les enjeux de développement et de stabilité. L’un des acquis majeurs mis en avant concerne la participation de l’Union africaine en tant que membre à part entière du G20, une évolution institutionnelle présentée comme un jalon historique dans la reconnaissance du poids économique et démographique du continent. Cette intégration renforce la capacité de l’Afrique à peser sur les décisions structurantes relatives au financement du développement, à la réforme du système financier international et à la gouvernance des transitions énergétiques.
L’Algérie a particulièrement insisté sur la nécessité d’inscrire durablement les priorités africaines au cœur de l’agenda économique mondial, notamment la réforme des mécanismes de financement du développement et l’allègement du fardeau de la dette pesant sur de nombreux pays du continent. La vision exprimée met en avant un système financier international plus juste, plus inclusif et plus réactif aux besoins spécifiques des économies en développement, condition essentielle à la réalisation d’une croissance durable et équilibrée. La question climatique et énergétique a également occupé une place centrale dans l’intervention algérienne. L’accent a été mis sur la nécessité d’accompagner les pays africains dans leur transition énergétique tout en respectant leurs réalités économiques et leurs priorités sociales. La transition écologique ne peut, selon cette approche, être dissociée des impératifs de développement, de sécurité énergétique et de souveraineté économique. Dans une perspective plus large, la participation algérienne à cette rencontre illustre une diplomatie africaine orientée vers la solidarité, la coopération et la responsabilité collective. L’Algérie considère que les acquis obtenus sous la présidence sud-africaine du G20 constituent une étape structurante dans la consolidation de l’action commune africaine sur la scène internationale. Cette dynamique est présentée comme un levier pour renforcer la place du continent dans les processus décisionnels globaux et pour promouvoir un ordre international fondé sur la justice, l’équité et la prospérité partagée. La présence du Premier ministre à cette séance traduit également la continuité de l’engagement diplomatique algérien en faveur d’un multilatéralisme rénové et d’une gouvernance mondiale plus représentative des équilibres contemporains. À travers cette participation, l’Algérie réaffirme sa volonté de contribuer activement à la formulation de solutions collectives face aux défis économiques, financiers et climatiques, tout en défendant les intérêts du continent africain dans un contexte international en mutation. Cette séquence diplomatique confirme ainsi l’inscription de l’Algérie dans une stratégie d’influence constructive, visant à renforcer la cohésion africaine et à promouvoir un partenariat global fondé sur la coopération, la solidarité et la coresponsabilité dans la gestion des enjeux mondiaux. Elle traduit, enfin, la conviction que l’avenir du système international dépendra de sa capacité à intégrer pleinement les aspirations et les priorités des régions émergentes, au premier rang desquelles figure l’Afrique.
Abed MEGHIT
