ALGÉRIE – MAURITANIE : La diplomatie parlementaire scelle une nouvelle étape vers un partenariat intégré

dknews
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Une nouvelle impulsion vient d’être donnée aux relations bilatérales entre Algérie et Mauritanie à l’issue des travaux de la première session de la Grande commission parlementaire conjointe, tenue à Alger dans un climat de convergence politique et d’ambition économique affirmée. La rencontre, coprésidée par Brahim Boughali, président de Assemblée populaire nationale, et Mohamed Bamba Meguett, président de Assemblée nationale mauritanienne, consacre la montée en puissance d’une diplomatie parlementaire appelée à accompagner et à amplifier les orientations stratégiques des deux États. Placée sous le signe du renforcement de la coopération économique et de la construction d’un partenariat durable, cette session inaugurale a abouti à un communiqué conjoint traduisant une volonté politique claire : transformer la proximité historique et géographique en un levier de développement partagé. Les deux délégations ont souligné la nécessité de traduire les recommandations adoptées en programmes opérationnels à impact direct, capables de structurer les échanges et de favoriser l’émergence de chaînes de valeur communes.

Au cœur des discussions, la dimension économique s’impose comme un axe structurant du rapprochement bilatéral. Les parlementaires ont insisté sur l’importance de créer des mécanismes de production conjointe et d’accélérer la réalisation de la ligne ferroviaire reliant Tindouf à Zouerate, projet emblématique appelé à transformer les flux commerciaux régionaux et à renforcer l’intégration logistique entre les deux pays. Cette vision s’accompagne d’un engagement à développer les liaisons maritimes, terrestres et aériennes conformément aux exigences du marché, afin de fluidifier les échanges et de soutenir la mobilité des opérateurs économiques. La coopération sectorielle figure également parmi les priorités dégagées. Les recommandations mettent en avant la création d’un pôle industriel dédié à la pêche et aux produits halieutiques, la promotion d’un partenariat agricole structuré et l’établissement d’un cadre juridique harmonisé facilitant l’investissement, les échanges commerciaux et les procédures douanières. La mise en place de normes sanitaires communes pour l’importation et l’exportation du bétail s’inscrit dans cette logique de rationalisation et de sécurisation des flux économiques. Dans le domaine sanitaire et pharmaceutique, les deux parties ont exprimé leur volonté de soutenir des projets industriels conjoints et de faciliter l’enregistrement des médicaments algériens sur le marché mauritanien, ouvrant ainsi la voie à une coopération élargie dans les politiques de santé publique. Cette orientation traduit une approche pragmatique du partenariat, fondée sur la complémentarité des capacités nationales. Au-delà de la dimension économique, les échanges ont également porté sur les grandes questions régionales et internationales.

Les deux parlements ont réaffirmé la convergence de leurs positions concernant les enjeux du monde arabe, en particulier le soutien au droit du peuple palestinien à établir son État indépendant, tout en réitérant leur attachement aux principes de la légalité internationale et au rôle de Organisation des Nations Unies dans le règlement des conflits, notamment la question du Sahara occidental. La dimension institutionnelle de ce rapprochement se traduit par l’engagement d’assurer la périodicité des sessions de la Grande commission, dont la prochaine réunion se tiendra à Nouakchott. Les deux parties entendent également associer davantage le secteur privé et les acteurs économiques aux travaux futurs, afin de renforcer la dimension concrète et opérationnelle de la coopération. La création d’une sous-commission chargée du suivi des projets adoptés constitue un autre jalon important. Ce mécanisme vise à garantir la continuité institutionnelle, à évaluer l’état d’avancement des initiatives communes et à renforcer la coordination entre les deux parlements dans l’accompagnement des politiques publiques. En consacrant la Mauritanie comme premier partenaire d’une telle structure parlementaire, l’Algérie confirme la place stratégique qu’elle accorde à cette relation bilatérale. Au-delà de la symbolique politique, cette initiative témoigne d’une volonté partagée de bâtir un espace de coopération structuré, capable de répondre aux défis du développement régional et de promouvoir une intégration économique progressive. Ainsi, la première session de la Grande commission parlementaire algéro-mauritanienne ne se limite pas à un exercice diplomatique. Elle marque l’émergence d’un cadre institutionnel appelé à jouer un rôle moteur dans la consolidation d’un partenariat fondé sur la complémentarité, la concertation et la convergence stratégique. Une étape significative vers une coopération plus intégrée, plus opérationnelle et résolument tournée vers l’avenir des deux peuples.

Abed MEGHIT

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