L’Afrique face à son tournant historique : Appel à une souveraineté collective et à l’innovation structurelle

dknews
7 Min Read

Lors de l’ouverture du 39e sommet de l’Union africaine, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a livré une vision ambitieuse du futur du continent, affirmant que l’Afrique traverse un moment décisif de son histoire.

Son intervention a mis en lumière une conviction centrale : la prospérité africaine dépendra de sa capacité à transformer ses ressources humaines et naturelles en institutions solides, en innovations durables et en projets de développement souverain.
Dans un discours à forte portée stratégique, le chef du gouvernement éthiopien a défendu l’idée d’une Afrique qui ne se définit plus uniquement par l’exploitation de ses richesses, mais par sa faculté à concevoir, produire et gouverner ses propres modèles de croissance.
Cette perspective marque un changement de paradigme : la valeur du continent résiderait désormais dans son intelligence collective, son capital humain et sa capacité d’innovation.
L’intervention a accordé une place centrale à la question de l’eau, présentée comme un pilier de stabilité, de développement et d’intégration régionale.
En évoquant la Vision africaine de l’eau 2025, le dirigeant a rappelé que la gestion durable des ressources hydriques constitue un enjeu fondamental pour la sécurité alimentaire, l’industrialisation et la résilience climatique du continent.
Le capital humain a également été présenté comme l’atout stratégique majeur de l’Afrique.
Selon les projections démographiques évoquées, le continent connaîtra d’ici 2035 la plus forte croissance mondiale de population active.
Cette dynamique représente à la fois une opportunité et un défi : elle exige des investissements massifs dans l’éducation, la santé et la formation professionnelle afin de transformer la jeunesse africaine en moteur de croissance.
Sur le plan climatique, l’appel à une justice environnementale a occupé une place déterminante.
Le dirigeant éthiopien a plaidé pour un alignement plus équitable des financements internationaux, des transferts technologiques et des partenariats globaux.
L’Afrique, a-t-il souligné, ne doit pas être un simple récepteur de solutions conçues ailleurs, mais un acteur à part entière de la gouvernance climatique mondiale.
La transformation numérique a été présentée comme un vecteur majeur de modernisation économique et administrative. La stratégie nationale de digitalisation, illustrée par la mise en place d’une infrastructure publique numérique et d’un identifiant citoyen unifié, incarne une ambition plus large : bâtir des États efficaces, transparents et centrés sur les besoins des populations. Au-delà des politiques sectorielles, le message central du sommet repose sur la nécessité d’une unité africaine renouvelée.
Face aux mutations géopolitiques, aux défis économiques globaux et aux tensions climatiques, l’intégration régionale apparaît comme la condition d’une souveraineté effective.
L’appel à transformer les visions continentales en actions concrètes reflète une volonté de passer du discours à l’opérationnel.
Ce sommet s’inscrit ainsi dans une dynamique historique où l’Afrique cherche à redéfinir sa place dans le système international.
En plaçant l’innovation, la justice et la dignité au cœur du projet continental, les dirigeants africains esquissent les contours d’une nouvelle architecture de développement, fondée sur l’autonomie stratégique et la coopération solidaire.

Par Abed Meghit

L’absence de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies « inadmissible » (Guterres)

Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres, a jugé, samedi à Addis-Abeba, « inadmissible » l’absence de l’Afrique au Conseil de sécurité, appelant à y remédier.
Dans son allocution à l’ouverture des travaux de la 39e session ordinaire du Sommet de l’Union africaine (UA), M. Guterres a indiqué qu’il est « inadmissible » que l’Afrique ne dispose pas de sièges permanents au Conseil de sécurité, soulignant que « l’Afrique doit siéger et participer à toutes les résolutions liées au continent ».
Ces priorités s’inscrivent dans le « Pacte pour l’avenir », élaboré par les dirigeants africains, a-t-il précisé, mettant en avant ses trois axes principaux, à savoir la paix, l’action économique et le climat.
Concernant l’instauration de la paix dans la région, M. Guterres a mis l’accent sur la nécessité d’un engagement à cesser immédiatement les hostilités au Soudan, à soutenir le dialogue politique au Soudan du Sud et à respecter le cessez-le-feu et l’intégrité territoriale en République démocratique du Congo. Il a également souligné la nécessité de consolider les acquis politiques et sécuritaires en République centrafricaine, de promouvoir le processus politique en Libye avec l’appui de l’ONU, de mettre fin à la violence en Afrique de l’Ouest et au Sahel, et d’assurer un financement pérenne à la Mission de soutien et de stabilisation de l’UA en Somalie (AUSSOM).
Le Secrétaire général a, par ailleurs, indiqué que l’Union africaine constitue un exemple de pluralisme, soulignant que le partenariat entre l’ONU et l’UA, depuis le début de son mandat, repose sur le respect, le dialogue et la solidarité. Il a précisé que la coopération entre les deux organisations a atteint de nouveaux horizons au cours de la dernière décennie avec l’adoption de cadres communs relatifs à la paix, à la sécurité, au développement durable et aux droits de l’Homme, et l’établissement de nouveaux partenariats. Il a, dans ce cadre, rappelé la décision historique du Conseil de sécurité portant création d’un mécanisme de financement des opérations de soutien à la paix pilotées par l’UA. Sur le plan économique, M. Guterres s’est attardé sur les défis financiers auxquels sont confrontés les pays en développement, lesquels entravent la réalisation des Objectifs de développement durable, évoquant les pertes liées au service de la dette, aux flux financiers illicites et à la hausse des taux d’intérêt comparativement aux économies développées.
Au terme de son allocution, le Secrétaire général des Nations Unies s’est engagé à poursuivre le renforcement du partenariat en faveur de la paix, du développement durable et des droits de l’homme en Afrique, assurant que l’Afrique demeurera la priorité de son mandat.

Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *