Très attachée à ses traditions ancestrales, la population d’In-Guezzam (extrême Sud du pays), renoue, avec l’avènement du mois sacré du Ramadhan, avec ses préparatifs d’ingrédients pour mets et boissons traditionnels, savamment préservés par la femme targuie.
Dépositaire fidèle du patrimoine culturel ancestral, la femme targuie s’emploie, entre-autres préparatifs du mois de Ramadhan, à ressusciter un menu culinaire riche permettant de résister aux conditions de jeûne et à la chaleur ambiante dans la région.
Ces préparatifs, dans une action féminine en groupe, généralement entre proches et voisines, consistent en la préparation de la boisson traditionnelle « El-Ghedjira », un breuvage du terroir, aux vertus réhydratantes et nutritives, très prisé par les jeûneurs. Devenue indétrônable de la table d’Iftar (rupture du jeûne), El-Ghedjira, que la femme targuie excelle dans sa préparation, est composée de dattes moulues, de Tikoumarine (fromage du terroir à base de lait de chèvre asséché), de maïs moulu appelé « Anguel » et de piment rouge, le tout fusionné dans un récipient d’eau pour en former un jus riche en ingrédients tonifiants et nutritifs.
Approchée par l’APS, Khalti Fatima, une des femmes détenant les secrets de cette recette ancienne, a expliqué qu’El-Ghedjira, fait partie des composantes nécessaires de la table d’Iftar à In-Guezzam, eu égard à ses vertus réhydratantes et revigorantes pour les jeûneurs, notamment durant la période des grandes chaleurs.
D’autres traditions, tout aussi anciennes, refont surface en ce mois de Ramadhan, dont une soupe appelée localement « El-H’sa », préparé à base de « frik » ou de semoule de maïs, dont les ingrédients préparés par les femmes, dans un élan traduisant l’esprit d’entraide et de solidarité. Ce potage, très répandu localement, tout comme l’est la H’rira à l’Ouest du pays et la Chorba et le Djeri au centre et à Est du pays, requiert pour sa préparation de la graisse animale, la tomate séchée, la coriandre, les épices et la viande séchée, et est savamment conservé pour sa préparation tout au long du mois de Ramadhan, a-t-elle expliqué.
Khalti Fatima cite aussi, entre-autres boissons traditionnelles, la préparation, pour le mois de Ramadhan, de « ldiouane », un breuvage propre à la région, extrait d’un mélange de plantes endémiques, avec du persil, piment et sucre, constituant une boisson traditionnelle pour étancher la soif d’une longue de journée d’abstinence.
Les préparatifs du Ramadhan restent confiés à la femme targuie, dépositaire immuable du patrimoine immatériel, malgré les mutations et développement technologiques ayant impacté certains pans des coutumes de la région.
In-Guezzam : Mets et boissons traditionnels dominent les préparatifs du mois sacré de Ramadhan
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