Les participants à un colloque national sur le patrimoine matériel dans la région de l’Ouest algérien ont appelé, mercredi à Oran, à la nécessité d’étudier l’héritage civilisationnel matériel, d’en envisager les perspectives de protection et de valorisation, et d’approfondir la recherche dans ce domaine, en tant que composante essentielle de l’identité nationale et de la mémoire historique.
Dans ce cadre, la directrice du laboratoire « Dalala » à l’Université d’Oran 1 Ahmed-Ben Bella, Safia Metahri, a affirmé que le patrimoine matériel constitue « un témoin civilisationnel de la succession des cultures et des civilisations ayant contribué à façonner l’identité historique de l’Ouest algérien, incluant monuments archéologiques, édifices architecturaux et artisanat traditionnel ».
Elle a appelé à l’ouverture de nouvelles perspectives de recherche scientifique afin d’assurer la sauvegarde du patrimoine et son renforcement dans le cadre du développement culturel et touristique.
Elle a souligné que l’adoption d’approches scientifiques pluridisciplinaires est devenue une nécessité impérieuse pour accompagner les mutations sociales, précisant que la conjugaison des efforts des chercheurs, des institutions académiques et culturelles, ainsi que des acteurs locaux, garantit la protection du patrimoine et son intégration dans un développement culturel durable.
De son côté, le doyen de la Faculté des sciences humaines à l’Université d’Oran 1, Mohamed Bendjebbour, a insisté sur l’importance de « mobiliser les technologies de l’intelligence artificielle et de la numérisation pour documenter le patrimoine matériel, le protéger contre la dégradation et la disparition, et en faire une ressource économique durable à travers le tourisme culturel, tout en renforçant la sensibilisation patrimoniale auprès des jeunes générations ». Il a également appelé à « recenser et classer le patrimoine matériel, immobilier et mobilier, établir des cartes archéologiques, activer les lois de protection des sites historiques et encourager la recherche archéologique ».
Pour sa part, Amira Zatir, spécialiste en architecture, urbanisme et patrimoine, et conseillère en patrimoine culturel auprès de la Fondation internationale Emir-Abdelkader, a souligné la nécessité d’inscrire les villes historiques de l’Ouest algérien et leurs monuments archéologiques et urbains au patrimoine national, et d’oeuvrer au classement du vieux quartier de Sidi El Houari et du tissu urbain de l’ancienne Casbah d’Oran au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.
De son côté, Benyoub Smaïl, spécialiste du patrimoine et guide touristique, a insisté sur la nécessité de conjuguer les efforts pour restaurer et classer les différents sites et monuments tels que l’ancienne Casbah d’Oran, le vieux quartier de Sidi El Houari, les arènes, les tours, les forts et les tunnels, et d’oeuvrer à leur inscription au patrimoine mondial.
Au cours du colloque, plusieurs conférences ont été présentées sur divers thèmes, notamment « Le partenariat entre la société et les pouvoirs publics dans la protection du patrimoine », « L’identité religieuse et historique à Oran : étude des noms des anciennes mosquées », « Le rôle des portails numériques dans la valorisation du patrimoine matériel », « La contribution des institutions documentaires à la sauvegarde du patrimoine » et « L’intégration de l’intelligence artificielle dans le patrimoine ».
A noter que cette rencontre, à laquelle ont participé des enseignants et spécialistes de différentes universités du pays, a été organisée à l’initiative de la Faculté des sciences humaines de l’Université d’Oran 1 Ahmed-Ben Bella, en coordination avec la direction locale de la culture et des arts, ainsi que certaines associations locales concernées par la protection du patrimoine.
