MAROC : Aziz Akhannouch acte son retrait politique et ouvre une phase d’incertitude gouvernementale

dknews
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Le paysage politique marocain entre dans une phase de recomposition à la suite de l’annonce du Premier ministre Aziz Akhannouch de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête de son parti, le Rassemblement national des indépendants.

Cette décision, confirmée samedi lors du congrès du RNI à El Jadida, exclut de facto sa reconduction à la tête du gouvernement à l’issue des élections législatives prévues à l’automne prochain.
Devant les militants de son parti, Aziz Akhannouch a affirmé que ce choix était « sérieux et profondément réfléchi », invoquant le respect des statuts internes du RNI qui limitent à deux le nombre de mandats successifs à la présidence du parti.
Cette annonce marque la fin d’un cycle politique pour celui qui dirige l’Exécutif marocain depuis 2021, dans un contexte national marqué par de fortes tensions sociales et économiques.
Peu après cette déclaration, le congrès du RNI a élu Mohamed Chaouki, député relativement peu connu du grand public et PDG de la société financière AD Capital, pour succéder à Akhannouch à la tête du parti.
Ce choix ouvre une nouvelle page pour la formation politique majoritaire, à quelques mois d’un scrutin législatif déterminant pour l’avenir institutionnel du pays.
Le Maroc demeure une monarchie constitutionnelle où le roi Mohammed VI conserve l’initiative stratégique et nomme le chef du gouvernement parmi les dirigeants du parti arrivé en tête des élections. Dans ce contexte, le départ d’Akhannouch de la direction partisane soulève de nombreuses interrogations sur la configuration politique à venir et sur la capacité du RNI à conserver son influence.
Âgé de 64 ans, Aziz Akhannouch, riche homme d’affaires et propriétaire du groupe Afriquia, a vu son mandat fortement contesté. Le collectif GenZ 212 a notamment mobilisé des centaines de jeunes à l’automne dernier pour dénoncer la dégradation des services publics, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
En réponse, l’Exécutif a annoncé un effort budgétaire pour 2026, sans pour autant apaiser une contestation qui s’est étendue aux zones rurales, frappées par une précarité accentuée par une longue sécheresse.
Le chef du gouvernement sortant revendique pourtant un bilan qu’il juge positif, mettant en avant la relance économique post-Covid-19, l’élargissement de la couverture médicale et la mise en place d’aides directes aux ménages modestes.
Ces arguments peinent toutefois à convaincre une large frange de la population, confrontée à une hausse du coût de la vie et à des inégalités persistantes.
Son mandat a également été émaillé de critiques concernant de possibles conflits d’intérêts liés à ses activités dans le secteur des hydrocarbures, ainsi qu’à une communication jugée distante avec l’opinion publique.
Le retrait d’Akhannouch ouvre ainsi une période d’incertitude politique, dans un pays où les attentes sociales demeurent élevées et où les équilibres institutionnels restent étroitement liés à l’arbitrage royal.

Par Abed Meghit

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