Dans un monde traversé par des bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux profonds, où les certitudes d’hier vacillent sous le poids des crises successives, l’Algérie réaffirme avec constance et clarté un choix fondamental : celui de demeurer un État social.
Ce positionnement n’est ni conjoncturel ni circonstanciel.
Il s’inscrit dans une continuité historique et politique profondément ancrée dans le serment de Novembre et dans la philosophie fondatrice de l’État algérien indépendant.
À chaque occasion, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, rappelle cet engagement, en plaçant le citoyen et son bien-être au centre des transformations que connaît le pays.
La vision portée par le chef de l’État lie étroitement la transition vers un statut de pays émergent à l’épanouissement du citoyen.
Le développement économique n’y est pas conçu comme une fin en soi, mais comme un levier au service d’une vie digne, équilibrée et équitable pour l’ensemble de la population.
Le renforcement du pouvoir d’achat, la redistribution juste des richesses nationales et un processus de développement touchant toutes les régions du pays constituent les axes structurants de cette orientation.
Dans cette perspective, le rôle de l’État et son poids dans la vie économique occupent une place centrale dans le débat sur les politiques publiques.
Parler aujourd’hui d’État social peut sembler, pour certains observateurs, relever de la gageure.
Les tendances macroéconomiques dominantes, souvent inspirées ou dictées par les institutions issues des accords de Bretton Woods, privilégient des modèles fondés sur la réduction du périmètre de l’État, la primauté des mécanismes de marché et la responsabilisation individuelle dans l’accès aux services essentiels.
Cette vision tranche radicalement avec celle de l’État social, parfois perçue comme dépassée ou incompatible avec les exigences de la mondialisation.
Pourtant, l’histoire économique et sociale démontre que ce modèle libéral n’a jamais réellement profité qu’aux catégories les plus aisées.
Seuls les plus riches ont pu, de tout temps, financer l’éducation privée de leurs enfants, accéder à des soins médicaux de qualité et assurer leur sécurité financière à l’âge de la retraite.
Pour les autres, l’absence d’un État protecteur s’est souvent traduite par l’exclusion, la précarité et l’injustice sociale.
L’État social moderne, à l’inverse, repose sur un principe fondamental : garantir à l’ensemble des citoyens un accès équitable à l’éducation, à la santé et à une protection sociale digne.
Dans les pays avancés, la santé représente aujourd’hui un coût supérieur à celui de l’éducation.
En l’absence de financements publics solides, l’accès aux soins devient rapidement un privilège réservé à une minorité.
C’est pourquoi la couverture santé universelle, majoritairement financée par l’État, demeure la seule formule réellement efficace pour assurer des soins de qualité à tous.
Ce modèle, largement plébiscité par les populations, a contribué à l’allongement significatif de l’espérance de vie dans de nombreux pays où, il y a encore quelques décennies, atteindre l’âge de 60 ans relevait de l’exception.
En Algérie, cette conception de l’État-providence, ou de l’État social, dépasse les débats sémantiques.
Quelle que soit l’appellation, l’essentiel demeure : le citoyen constitue la priorité absolue de l’action publique.
Le développement économique est pensé comme un instrument d’épanouissement humain, visant à offrir à chaque Algérien les conditions d’une vie décente, stable et porteuse de perspectives.
Dans un contexte international marqué par l’incertitude, l’Algérie fait ainsi le choix assumé de la solidarité, de la justice sociale et de la dignité, affirmant que le progrès véritable ne peut être dissocié du bien-être des citoyens.
Abed MEGHIT
