Intégration énergétique : L’Afrique du Nord appelée à renforcer son rôle de hub entre l’Europe et le reste du continent

dknews
5 Min Read

L’Afrique du Nord est appelée à consolider son rôle de plateforme énergétique entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne, ont estimé jeudi à Alger les participants à une conférence co-organisée par la Banque d’Algérie et le Fonds monétaire international (FMI), consacrée à l’intégration régionale.

Les intervenants ont mis en avant le potentiel de la région pour fournir des solutions énergétiques « fiables et durables » aux marchés européen et africain, plaidant pour l’accélération des projets d’interconnexion et d’infrastructures transrégionales, notamment le gazoduc transsaharien (TSGP) et le corridor SoutH2 destiné au transport d’hydrogène.

Lors d’une table ronde intitulée « Tirer parti du secteur de l’énergie – un fondement pour une intégration économique plus poussée », le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a souligné que l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne disposent de ressources suffisantes pour répondre à la demande locale tout en développant des capacités d’exportation.

« L’Afrique a besoin d’accroître massivement sa production d’énergie pour satisfaire la demande interne et créer des capacités exportables, qu’il s’agisse d’électricité, de gaz ou d’énergies renouvelables « , a-t-il déclaré.

Arkab a mis en avant les infrastructures gazières et électriques de l’Algérie ainsi que son expérience dans les hydrocarbures, estimant que le pays peut contribuer au renforcement des interconnexions vers l’Europe et  l’Afrique subsaharienne. Il a indiqué que plusieurs projets de réseaux de très haute tension sont en cours de déploiement dans le Sud du pays afin de faciliter les futures connexions régionales.

S’agissant de la transition énergétique, le ministre d’Etat a estimé que le gaz naturel demeurera une énergie d’appoint aux côtés des renouvelables.

Il a fait état d’une capacité électrique installée d’environ 28.000 mégawatts (MW), pour une pointe de consommation avoisinant 20.000 MW. Il a également rappelé l’objectif national de 15.000 MW d’énergies renouvelables à l’horizon 2035.

Concernant le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie, M. Arkab a indiqué que le projet se trouve « à la phase finale de l’étude de faisabilité » et pourrait transporter plus de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe.

Le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a pour sa part souligné l’importance stratégique du partenariat euro-nord-africain dans un contexte de transformation énergétique en Europe.

« La coopération avec l’Afrique du Nord est appelée à prendre une importance croissante », a-t-il déclaré, estimant que la relation entre l’Italie et l’Algérie devrait évoluer vers « une intégration économique et énergétique plus large ».

Il a rappelé l’engagement de l’Italie en Afrique dans le cadre du plan Mattei, axé sur le développement et l’investissement, et plaidé pour un mix énergétique combinant gaz, renouvelables, hydrogène et nouvelles  technologies.

Evoquant le corridor sud de l’hydrogène reliant l’Afrique du Nord à l’Europe, il a estimé que le développement des interconnexions électriques méditerranéennes et des projets solaires à grande échelle ouvrait « un nouveau chapitre de coopération ».

Selon lui, la demande énergétique européenne pourrait fortement augmenter dans les quinze à vingt prochaines années sous l’effet de l’électrification et des nouveaux usages industriels.

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a souligné que l’Afrique du Nord occupe une position stratégique comme interface énergétique entre l’Europe et le reste du continent.

Il a rappelé que de nombreux pays d’Afrique subsaharienne restent confrontés à un déficit d’accès à l’électricité et à des besoins de financement élevés. Les investissements nécessaires pour élargir l’accès à l’énergie sont estimés à près de 1.000 milliards de dollars, a-t-il indiqué, appelant à une mobilisation accrue des financements privés et à des réformes réglementaires facilitant les projets transfrontaliers.

Il a par ailleurs salué les initiatives d’interconnexion impliquant l’Algérie, notamment le projet de gazoduc transsaharien, estimant qu’elles contribuent à une intégration énergétique africaine élargie.

Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *