Ghaza : l’UNICEF intensifie ses efforts pour le retour à l’école de près de la moitié des enfants

dknews
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Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a annoncé mardi avoir donné une nouvelle impulsion à son programme d’urgence pour le retour à l’école des enfants de la bande de Ghaza, visant désormais près de la moitié des jeunes du territoire palestinien en âge d’être scolarisés.

« L’Unicef intensifie ses efforts d’apprentissage à Ghaza, dans le cadre de l’un des plus vastes programmes d’urgence jamais déployés au monde. Notre programme de retour à l’école va bénéficier à 336.000 enfants », a indiqué le porte-parole de l’UNICEF, James Elder, devant des journalistes à Genève.

Selon les estimations du ministère de l’Education palestinien, Ghaza compte plus de 758.000 enfants en âge d’être scolarisés.

« Près de deux ans et demi d’attaques contre les écoles de Ghaza ont mis en péril toute une génération. Actuellement, 60% des enfants en âge d’être scolarisés n’ont pas accès à un enseignement en présentiel (…) et plus de 90% des écoles ont été endommagées » pendant l’agression sioniste contre l’enclave palestinienne, a-t-il ajouté.

Parmi les enfants âgés de 5 à 18 ans, environ la moitié étaient ou sont pris en charge dans les écoles ou via les cours en ligne de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

L’UNICEF affirme avoir réussi à scolariser 135.000 élèves depuis l’entrée en vigueur du cessez-le feu le 10 octobre dernier, a précisé M. Elder.

Ces élèves vont être scolarisés dans divers types d’installations comme des tentes ou des bâtiments endommagés, qui ne présentent pas de danger, où les cours sont dispensés par des bénévoles et des enseignants déjà en poste.

Ces centres d’apprentissage « redonnent aux enfants des informations essentielles et leur offrent une routine quotidienne. Ils permettent aux filles et aux garçons d’accéder aux services de santé, de nutrition et de protection », a ajouté le porte-parole.

Pour venir en aide à ces enfants, l’UNICEF, qui a déjà acheminé sur place plus de 4.400 kits de loisirs et 240 cartons scolaires, a besoin « de toute urgence » de 86 millions de dollars pour 2026.

« Ce n’est qu’une étape, et non un substitut à la restauration complète des écoles de Ghaza, afin que chaque enfant puisse reprendre une scolarité normale », a-t-il conclu, espérant que « tous les enfants en âge d’être scolarisés pourront reprendre les cours en présentiel en 2027 ».

Les forces sionistes poursuivent leur agression à El-Qods occupée

Les forces d’occupation sionistes ont poursuivi, mardi, pour le deuxième jour consécutif, leur incursion dans le camp de réfugiés de Qalandiya, au nord d’El-Qods occupée, notifiant des ordres de démolition de commerces situés dans ses environs.

Citant des sources locales, l’agence de presse palestinienne, Wafa, a rapporté que les forces d’occupation ont investi la rue dite de « l’aéroport », aux abords du camp de Qalandiya, où elles ont notifié plusieurs commerçants d’ordres de démolition et exigé l’évacuation immédiate de leurs locaux.

La province d’El-Qods a confirmé que les opérations de démolition concernent une parcelle de terrain adjacente à l’Institut de formation de Qalandiya, relevant de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Cette agression s’inscrit dans une politique systématique visant à renforcer le contrôle colonial sur les environs d’El-Qods, selon les autorités locales.

L’occupation a entamé, lundi, une vaste opération militaire au nord d’El-Qods occupée, incluant l’incursion dans la localité de Kafr Aqab et aux abords du camp de Qalandiya, sous prétexte de renforcer le contrôle le long du mur de séparation et d’étendre l’expansion coloniale, procédant à la démolition d’installations palestiniennes.

La province d’El-Qods a également fait état de l’incursion des forces d’occupation dans plusieurs immeubles résidentiels de la région, dont certains ont été évacués de force, parallèlement à un déploiement intensif de soldats et de snipers sur les balcons et les toits d’immeubles élevés. Des grenades lacrymogènes et assourdissantes, ainsi que des balles réelles ont été utilisées.

Les villes, localités et camps de réfugiés de la Cisjordanie et d’El-Qods occupées connaissent quotidiennement des campagnes de raids et d’incursions menées par les forces de l’occupation et des colons sionistes, accompagnées d’affrontements, d’arrestations et de tirs à balles réelles ou de grenades lacrymogènes contre les citoyens palestiniens.

Le cessez-le-feu n’a pas mis fin à l’extrême précarité à Ghaza (ONU)

Deux hauts responsables de l’ONU, de retour d’une mission conjointe à Ghaza, décrivent une survie incertaine pour la population palestinienne, toujours exposée au froid, à la faim et à l’effondrement de ses conditions de vie.

Invités lundi du point de presse quotidien de l’ONU à New York, Ted Chaiban, directeur général adjoint de l’UNICEF, et Carl Skau, son homologue du Programme alimentaire mondial (PAM), revenaient d’une semaine passée sur le terrain dans l’enclave palestinienne. Malgré la reprise partielle de l’aide alimentaire, « 100 000 enfants restent en situation de malnutrition aiguë et nécessitent des soins de long terme », selon M.Chaiban. Dans les camps improvisés, l’hiver aggrave la situation. « Les conditions sont misérables dans ces tentes », a témoigné le responsable de l’UNICEF. « J’ai rencontré des familles qui brûlaient des morceaux de plastique et de bois pour tenter de réchauffer leurs enfants ». Selon l’organisation, au moins 10 enfants sont morts d’hypothermie depuis le début de la saison froide.

M. Skau a déploré, lui aussi, des conditions similaires. « Un peuple entier vit désormais au bord du gouffre, et ce n’est tout simplement pas acceptable », a-t-il déclaré. « Des centaines de milliers de personnes grelottent dans des tentes en tissu qui ne protègent ni du froid ni de la pluie », a-t-il déploré, insistant sur la nécessité de « submerger Ghaza d’abris » et de relancer l’économie locale par l’augmentation des flux commerciaux et de l’aide en espèces.

Dans ce contexte, le responsable de l’UNICEF a estimé que la phase deux du cessez-le-feu n’est « pas seulement un jalon politique, c’est une nécessité humanitaire », plaidant pour l’ouverture simultanée de tous les points de passage, ainsi que pour la réouverture d’axes internes majeurs afin de fluidifier l’acheminement de l’aide et la circulation des civils.

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