En décidant d’engager l’exploitation effective du minerai de fer extrait de la mine stratégique de Gara Djebilet, l’Algérie confirme, avec force et clarté, une orientation nationale fondée sur la souveraineté économique et la diversification des ressources, loin de toute dépendance exclusive aux hydrocarbures.
Ce choix, porteur d’une forte charge symbolique et stratégique, illustre la volonté de l’État algérien de bâtir une économie solide, autonome et résiliente, reposant sur la valorisation de ses richesses naturelles et sur le développement d’un appareil industriel national performant.
L’exploitation des ressources minières ne constitue pas un simple projet sectoriel, mais s’inscrit dans une vision globale de développement durable et intégré.
Elle mobilise en permanence les capacités du secteur public national, renforce le rôle de l’État dans la gestion des richesses du sous-sol et stimule la création de valeur ajoutée locale.
À l’image de l’expérience historique des hydrocarbures, le projet de Gara Djebilet marque une nouvelle étape dans la maîtrise des leviers économiques stratégiques et dans la consolidation de l’indépendance réelle du pays.
Dès les premières années suivant l’indépendance, l’Algérie avait fait le choix audacieux de placer l’industrie au cœur de son modèle de développement.
Cette orientation reposait sur la conviction que l’industrialisation, bien que fortement consommatrice de capitaux, constitue un moteur essentiel de croissance, de modernisation et de transformation structurelle de l’économie.
L’introduction de la mécanisation, la montée en compétence de la main-d’œuvre et l’investissement dans la formation continue ont été des piliers de cette démarche ambitieuse.
Aujourd’hui, le défi consiste à exploiter pleinement les opportunités offertes par le potentiel minier national, dans un contexte international marqué par une concurrence accrue et par des mutations économiques rapides.
L’Algérie dispose d’atouts considérables, tant en termes de ressources que de capital humain, pour s’imposer comme un acteur crédible et influent sur les marchés régionaux et internationaux.
La poursuite méthodique du processus d’industrialisation ne peut être dissociée de la quête permanente d’une autonomie décisionnelle et économique.
Depuis 1962, la conquête de l’indépendance économique s’est traduite par des choix politiques forts, notamment à travers les nationalisations des mines puis des hydrocarbures.
Ces décisions ont permis une prise en main effective de l’appareil de production et ont posé les bases d’une économie affranchie de la tutelle extérieure.
La dynamique actuelle, incarnée par les grands projets miniers, s’inscrit dans la continuité de cette vision stratégique.
Dans un monde où le poids économique conditionne l’influence diplomatique et politique, l’Algérie entend renforcer sa position en s’appuyant sur une économie diversifiée, productive et tournée vers l’avenir.
Les exemples des pays émergents démontrent que la consolidation d’une base industrielle solide demeure un passage incontournable pour accéder à un rôle plus affirmé sur la scène internationale.
À travers l’exploitation de Gara Djebilet et d’autres projets structurants, l’Algérie trace résolument la voie d’une indépendance économique durable et assumée.
Abed MEGHIT
