La bande de Ghaza continue de payer un tribut humain effroyable face à l’agression sioniste qui se poursuit depuis le 7 octobre 2023.
Selon un nouveau bilan communiqué par les autorités sanitaires palestiniennes, le nombre de martyrs s’élève désormais à 71 657, tandis que 171 399 personnes ont été blessées, une majorité écrasante étant constituée de femmes et d’enfants.
Ces chiffres, déjà vertigineux, traduisent l’ampleur d’une catastrophe humanitaire qui s’inscrit dans la durée et qui bouleverse profondément l’équilibre démographique, social et psychologique de l’enclave palestinienne.
Au cours des dernières vingt-quatre heures seulement, les services de santé ont enregistré l’arrivée de trois nouveaux martyrs et de huit blessés dans les hôpitaux encore fonctionnels de Ghaza.
Les autorités sanitaires ont précisé que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres, inaccessibles en raison de la destruction massive des infrastructures, du manque d’équipements lourds et de l’insécurité persistante sur le terrain.
Cette réalité laisse présager un bilan réel encore plus lourd que les chiffres officiellement recensés.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, la situation humanitaire n’a pas cessé de se dégrader.
Les autorités palestiniennes font état de 484 Palestiniens tombés en martyrs et de 1 321 blessés durant cette période, tandis que les corps de 713 martyrs ont été récupérés dans des zones précédemment inaccessibles. Ces données mettent en évidence la fragilité de la trêve et l’ampleur des séquelles laissées par des mois d’agression intensive.
Au-delà des chiffres, c’est toute une société qui se trouve profondément meurtrie.
Les hôpitaux, déjà exsangues avant l’agression, fonctionnent dans des conditions extrêmes, confrontés à des pénuries chroniques de médicaments, de matériel médical et de carburant.
Les équipes soignantes, épuisées et souvent endeuillées, continuent de travailler sans relâche pour sauver des vies, parfois au péril de la leur.
Les autorités sanitaires palestiniennes ne cessent d’alerter la communauté internationale sur l’effondrement du système de santé et sur l’urgence d’un soutien humanitaire massif et durable.
La destruction systématique des quartiers résidentiels, des réseaux d’eau et d’électricité, ainsi que des infrastructures de base, a plongé la population dans une précarité extrême.
Des centaines de milliers de personnes vivent dans des abris de fortune, exposées aux intempéries, aux maladies et à l’insécurité alimentaire.
Les enfants, particulièrement vulnérables, subissent des traumatismes profonds, privés de soins adéquats, d’éducation et d’un environnement protecteur.
Les autorités palestiniennes dénoncent une agression qualifiée de génocidaire, rappelant que les attaques répétées contre les civils et les infrastructures essentielles constituent une violation flagrante du droit international humanitaire.
Elles appellent à une mobilisation urgente de la communauté internationale afin de mettre fin aux violences, de garantir la protection des civils et de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire.
Alors que le monde observe, souvent impuissant, la tragédie qui se déroule à Ghaza, les chiffres continuent de s’alourdir, rappelant chaque jour l’urgence d’une solution politique juste et durable.
Pour les habitants de l’enclave, la priorité demeure la survie, dans un contexte où la douleur, le deuil et l’incertitude sont devenus le quotidien d’un peuple soumis à une épreuve historique d’une ampleur exceptionnelle.
Par Abed Meghit
Ghaza sacrifiée sur l’autel de la guerre : plus de 600 000 enfants privés d’éducation et condamnés à l’errance du traumatisme
Le Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Philippe Lazzarini, a lancé un nouvel appel alarmant sur la situation dramatique des enfants de Ghaza, révélant que plus de 600 000 d’entre eux sont privés d’enseignement formel depuis plus de deux ans.
Cette privation massive de l’éducation résulte de la destruction quasi totale des infrastructures scolaires et de la dégradation extrême des conditions de vie provoquées par l’agression sioniste contre l’enclave palestinienne.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, M. Lazzarini a souligné que ces enfants grandissent au milieu des ruines, marqués par des traumatismes profonds liés à la violence, aux pertes humaines et à l’insécurité permanente.
Il a insisté sur le fait que le retour des enfants dans un environnement éducatif sûr, stable et structurant constitue une priorité absolue pour l’UNRWA, non seulement pour préserver leur droit fondamental à l’éducation, mais aussi pour protéger leur équilibre psychologique et leur avenir.
L’éducation, pilier essentiel du développement humain, a été l’une des premières victimes de l’agression.
Des centaines d’écoles ont été détruites ou gravement endommagées, transformées en abris de fortune ou rendues totalement inutilisables. Les enseignants, eux-mêmes affectés par les déplacements forcés et les pertes familiales, peinent à maintenir un semblant de continuité pédagogique dans un contexte de chaos généralisé.
Malgré ces conditions extrêmement difficiles, l’UNRWA s’efforce de maintenir des formes alternatives d’apprentissage.
Actuellement, environ 65 000 enfants fréquentent des espaces d’apprentissage temporaires mis en place par l’agence à Ghaza.
Ces structures, souvent installées dans des bâtiments endommagés ou des tentes, offrent un minimum de stabilité et permettent aux enfants de renouer partiellement avec une routine éducative.
Parallèlement, près de 300 000 enfants bénéficient de cours de base en lecture, écriture et calcul à travers des plateformes numériques.
Cette solution, bien que limitée par les coupures d’électricité et l’accès restreint à Internet, constitue une tentative de préserver le lien éducatif dans un environnement où les écoles traditionnelles sont devenues inaccessibles.
Lazzarini a rappelé que l’UNRWA continue d’assurer des services humanitaires, sanitaires et éducatifs aux réfugiés palestiniens dans l’ensemble de ses zones d’opération, malgré les pressions, les campagnes de harcèlement et les entraves imposées par l’occupation sioniste. Il a souligné que la mission de l’agence demeure essentielle pour empêcher l’effondrement total du tissu social palestinien.
Les conséquences de cette privation d’éducation sont lourdes et durables. Une génération entière risque de grandir sans les compétences de base nécessaires à son autonomie et à son insertion future, aggravant ainsi les cycles de pauvreté, de dépendance et de marginalisation.
Les traumatismes psychologiques non pris en charge risquent également de laisser des séquelles profondes, compromettant la stabilité sociale à long terme.
Face à cette situation, l’UNRWA et de nombreuses organisations humanitaires appellent la communauté internationale à agir de manière urgente et coordonnée.
Il s’agit non seulement de garantir un cessez-le-feu durable, mais aussi de mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des infrastructures éducatives et à la prise en charge psychosociale des enfants.
À Ghaza, l’éducation n’est plus seulement un droit, elle est devenue un acte de résistance face à la destruction.
Redonner aux enfants l’accès à l’apprentissage, c’est leur offrir une chance de se reconstruire et de croire à un avenir au-delà des ruines.
Abed M.
