Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : La justice renforce son arsenal juridique

dknews
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La Cour d’Alger a organisé, mercredi, une journée d’étude consacrée aux nouveautés introduites en matière de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, à la lumière de la loi 25-10.

Cette rencontre, réunissant magistrats, experts et acteurs concernés, s’inscrit dans une dynamique de renforcement du dispositif juridique et institutionnel visant à faire face à l’une des formes les plus complexes et dangereuses de la criminalité contemporaine.

Les participants ont unanimement souligné la nécessité d’adopter une approche anticipative et proactive, fondée sur l’évaluation continue des risques liés au blanchiment d’argent et sur le renforcement de la coopération entre les différentes institutions concernées.

Une démarche jugée indispensable pour préserver l’économie nationale, la crédibilité du système financier et la stabilité sociale.

Dans son allocution d’ouverture, le président de la Cour d’Alger, M. Mohamed Bouderbala, a indiqué que cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre de la concrétisation de la politique générale de l’État, visant à renforcer l’État de droit, à promouvoir l’action judiciaire et à accompagner les évolutions législatives afin de faire face aux crimes financiers graves.

Il a rappelé que le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme constituent une menace directe pour les fondements économiques et institutionnels du pays, justifiant l’amendement et l’actualisation de la loi 25-10.

M. Bouderbala a souligné que la justice représente la pierre angulaire dans l’application effective de ce dispositif juridique, insistant sur la responsabilité des juridictions dans la protection de l’ordre public économique.

Il a affirmé que la lutte contre ces crimes est une véritable bataille d’État, nécessitant une vigilance collective et une coordination permanente entre les autorités judiciaires, les institutions financières et les organes de contrôle.

De son côté, le procureur général près la Cour d’Alger, M. Mohamed El Kamel Ben Boudiaf, a qualifié le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme de crimes parmi les plus dangereux de notre époque, en raison de leur caractère organisé, de l’ampleur des moyens financiers et techniques mobilisés et de leur dimension transnationale.

Cette réalité impose, selon lui, une adaptation constante des méthodes de travail et un renforcement des mécanismes d’investigation.

Il a mis en avant les dispositions efficaces introduites par la loi 25-10, permettant de tracer les flux financiers suspects, d’identifier le bénéficiaire effectif des transactions et de saisir les revenus issus d’activités criminelles.

Ces mesures constituent, a-t-il estimé, un puissant outil de dissuasion et un rempart contre les atteintes à l’ordre public économique.

Le procureur général a également insisté sur l’importance d’une approche proactive fondée sur la collecte, l’analyse et l’exploitation de l’information, ainsi que sur l’évaluation continue des risques de blanchiment d’argent, afin d’anticiper les nouvelles formes de criminalité financière.

Pour sa part, le juge d’instruction au pôle pénal spécialisé dans la lutte contre la criminalité financière et économique, M. Abdelhamid Krarcha, a mis l’accent sur la nécessité de suivre rigoureusement la traçabilité des flux financiers suspects et de procéder à leur confiscation, notamment dans un contexte marqué par l’essor rapide du commerce international et l’émergence des crypto-monnaies, qui constituent de nouveaux défis pour les autorités judiciaires.

Cette journée d’étude s’est conclue par une série de recommandations appelant à renforcer le contrôle dans l’ensemble des secteurs exposés, à intensifier la coopération interinstitutionnelle et à assurer la formation continue des différents acteurs impliqués dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, afin de consolider l’efficacité du dispositif national de prévention et de répression.

Abed MEGHIT

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